Images prises mardi 27 septembre, par l’armée danoise, d’une vaste zone de rejet de gaz sur le site du gazoduc endommagé Nord Stream en mer baltique.
Images prises mardi 27 septembre, par l’armée danoise, d’une vaste zone de rejet de gaz sur le site du gazoduc endommagé Nord Stream en mer baltique. ©AFP - Danish Defence / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Images prises mardi 27 septembre, par l’armée danoise, d’une vaste zone de rejet de gaz sur le site du gazoduc endommagé Nord Stream en mer baltique. ©AFP - Danish Defence / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Images prises mardi 27 septembre, par l’armée danoise, d’une vaste zone de rejet de gaz sur le site du gazoduc endommagé Nord Stream en mer baltique. ©AFP - Danish Defence / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
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Deux explosions ont été enregistrées et plusieurs pays parlent de sabotage du gazoduc NordStream entre la Russie et l’Allemagne. Les infrastructures des pays de l’Otan peuvent-elles devenir des cibles d’une extension de la guerre en Ukraine ?

Deux explosions sous-marines ont été détectées par les sismologues suédois dans la Baltique, et plusieurs gouvernements européens évoquent un sabotage. Si cette hypothèse se confirme, on a donc affaire à une extension du champ de la guerre, cette fois à une infrastructure énergétique reliant la Russie à l’Europe.

Le double gazoduc Nord Stream 1 et 2 dont il est question ici, est depuis longtemps au centre de l’affrontement géopolitique avec la Russie. Il est le symbole de la dépendance au gaz russe que l’Allemagne avait créée dans l’espoir d’avoir des relations apaisées avec Moscou, pour se retrouver prise au piège.

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Nord-Stream 2, que l’ancienne Chancelière Angela Merkel avait tenu bec et ongle à terminer malgré les réticences de ses partenaires, n’est jamais entré en service à cause de l’invasion de l’Ukraine. Quant à Nord Stream 1, il a été mis à l’arrêt par la Russie début septembre, officiellement pour maintenance, mais en fait pour faire pression sur l’Union européenne.

C’est donc un gazoduc à l’arrêt qui a été atteint, et toute la question est d’interpréter le message.

La Russie, vers laquelle se tournent tous les regards, a démenti être à l’origine du sabotage. Mais elle est la seule à être en capacité et avec une bonne raison de le faire : accentuer la panique sur le marché de l’énergie européen à l’approche de l’hiver. Mais aussi, dans le but prévenir les Occidentaux que la confrontation ne fait que commencer, et peut s’étendre à des domaines jusqu’ici préservés.

L’attaque de Nord-Stream sera toutefois sans conséquences sur l’approvisionnement de l’Europe. Les Russes ont déjà cessé les livraisons, et l’Europe s’est organisée pour s’en passer. Dans le contexte actuel, il était peu probable que le gaz russe revienne en Europe, avec ou sans gazoduc. Paradoxalement, il n’y a pas eu sanctions sur le gaz russe, mais le résultat est le même.

Au moment où Nord-Stream était endommagé, La Pologne célébrait l’ouverture d’un gazoduc en provenance cette fois de la Norvège, pays membre de l’Otan et producteur de gaz offshore. Mais ces infrastructures sont vulnérables.

Dès hier, les riverains de la Baltique ont renforcé la sécurité sur leurs installations énergétiques. Plus personne n’exclut que la Russie s’en prenne aux infrastructures des pays de l’Otan qu’elle considère comme son véritable ennemi en Ukraine.

Ce serait une escalade considérable, mais conforme à la fuite en avant qui caractérise le comportement de Vladimir Poutine depuis les revers de son armée en Ukraine. La mobilisation partielle en fait partie, tout comme les référendums tenus dans les zones occupées d’Ukraine. Résultat sans surprise hier, le Oui l’a emporté, ouvrant la voie à l’annexion, peut-être annoncée dès vendredi.

A ce moment-là, toute avancée ukrainienne deviendra une attaque contre la Russie elle-même, justifiant toute action dite défensive, dans une curieuse inversion des rôles. Tout le monde s’interroge sur l’arme nucléaire, mais le gazoduc endommagé de la Baltique montre que ce n’est pas la seule escalade possible. La guerre est loin d’être terminée.