Il y a un an l'ex-roi d'Espagne Juan Carlos fuyait Madrid pour se réfugier aux Emirats arabes unis ©AFP - OSCAR DEL POZO
Il y a un an l'ex-roi d'Espagne Juan Carlos fuyait Madrid pour se réfugier aux Emirats arabes unis ©AFP - OSCAR DEL POZO
Il y a un an l'ex-roi d'Espagne Juan Carlos fuyait Madrid pour se réfugier aux Emirats arabes unis ©AFP - OSCAR DEL POZO
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Résumé

Un an après sa fuite pour les Emirat arabes unis, l'ex-roi Juan Carlos n'en a toujours pas fini avec les procès pour corruption et fraude fiscale.

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Juan Carlos, un an après sa fuite

Voilà en effet une année, presque jour pour jour, que l'ex-roi d'Espagne Juan Carlos a fui Madrid pour se réfugier aux Emirats arabes unis. Il laissait derrière lui plusieurs enquêtes pour corruption et fraude fiscale.

Sans oublier quelques valises de billets à Lausanne, une maîtresse bavarde et revancharde, une fondation discrète où planquer l'argent saoudien de la corruption et appelée Loukoum (on ne manque pas d'humour chez les Bourbon d'Espagne)

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Mais bon, les Espagnols sont habitués : les Bourbon d'Espagne ont perdu 4 fois leur couronnes en un siècle et demi. Le grand-père, le père et Juan Carlos lui-même ont tous connu l'exil. En clair, c'est plus qu'une exception la fuite royale, c'est une tradition.

L'Etat espagnol a récupéré une partie de l'argent de la fraude

Mais au fur et à mesure des restitutions – des régularisations pardon – les Espagnols se sont rendus compte à quel point celui qu'on doit encore appeler « Sa Majesté » - après tout, il est officiellement roi émérite – n'était qu'un bandit de grand chemin.

Les premiers 678 000 euros récupérés par le fisc espagnol correspondait à des cartes bancaires occultes fournies par un homme d'affaires mexicain. En février, le fisc encaissait 4,4 millions d'euros pour épurer 8 millions d'argent liquide non déclaré.

Sans oublier les commissions sur des contrats d'armements qui s'apparentent, selon les juges eux-mêmes, à du trafic d'armes. Inutile de préciser que Sa Majesté Jean Charles 1er, roi d'Espagne et de Jérusalem, n'est pas prêt de revoir son palais de la Zarzuela.

Une monarchie impopulaire

On ne peut pas vraiment savoir parce que l'équivalent de l'INSEE local, le Cis, ne mesure plus la popularité de la monarchie espagnole depuis 2015, au lendemain d'une évaluation du roi Philippe VI qui lui donnait une note de 4,34/10. Même pas la moyenne !

Du coup, la presse s'est substituée à cette drôle de décision d'un organisme public en organisant ses propres sondages. Résultat : 48% des Espagnols pensent que la monarchie est une institution démodée. C'est encore pire lorsqu'on leur pose la question suivante :

Quelle forme d'organisation de l'Etat aurait votre préférence ? Ils sont 41% à préférer une république et seulement un tiers, une monarchie. Avec cet élément en plus : près de la moitié d'entre eux voudrait être consultés par référendum.

La République attendra un consensus

Jamais. A la mort dans son lit du dictateur Franco en 1975, son régime a eu le temps d'imposer le retour de la monarchie et même le nom du roi, Juan Carlos donc. C'est même le seul pays au monde à avoir été réinstallé la monarchie au XXe siècle !

Contrairement aux Italiens, qui se sont prononcés à l'issue de la 2nde guerre mondiale sur le maintien ou non de la monarchie, les Espagnols n'ont jamais eu cette chance. Pour cela, il faudrait un consensus entre les partis... qui évidemment n'existe pas.

Références