Rafael Grossi, Directeur Général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), lors d’une conférence de presse jeudi 9 juin à Vienne.
Rafael Grossi, Directeur Général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), lors d’une conférence de presse jeudi 9 juin à Vienne.
Rafael Grossi, Directeur Général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), lors d’une conférence de presse jeudi 9 juin à Vienne. ©AFP - OE KLAMAR / AFP
Rafael Grossi, Directeur Général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), lors d’une conférence de presse jeudi 9 juin à Vienne. ©AFP - OE KLAMAR / AFP
Rafael Grossi, Directeur Général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), lors d’une conférence de presse jeudi 9 juin à Vienne. ©AFP - OE KLAMAR / AFP
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Résumé

L’Iran a fermé 27 caméras de surveillance dans ses installations nucléaires, en représailles à une résolution de l’Agence atomique de Vienne. Les négociations sur le nucléaire iranien sont en crise, après plus d’un an à tenter de les ressusciter.

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Une négociation de haute intensité, c’est à celui qui cèdera le premier. Le problème est que si personne ne cède, alors c’est l’échec assuré. On en est à ce moment décisif, dans la négociation sur le nucléaire iranien, au bord du précipice.

Vous serez pardonnés si vous n’avez pas suivi les dernières péripéties de cette interminable négociation dont l’enjeu est quand même de savoir si l’Iran disposera de l’arme nucléaire.

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Rappel nécessaire, donc : en 2015, l’Iran signe un accord dans lequel il renonce à son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions. L’optimisme est de rigueur. 2018, Donald Trump retire les États-Unis d’un accord qui a le défaut d’être un succès de son prédécesseur, Barack Obama.

L’accord survit péniblement jusqu’à l’arrivée de Joe Biden en 2021, Le Président démocrate veut ressusciter l’accord avec l’Iran, et c’est là que ça se complique…

Après des mois de négociations indirectes à Vienne, car Américains et Iraniens ne se parlent que par Européens interposés, un texte est prêt à être signé. Il permet la levée partielle des sanctions américaines, et un retour de l’Iran dans les clous de l’accord de 2015.

Mais voilà, au dernier moment, l’Iran a posé une condition qui n’a rien à voir avec le nucléaire : que les États-Unis retirent les Gardiens de la Révolution, l’armée des mollahs, de la liste des organisations terroristes. Refus à Washington, et donc blocage depuis des semaines.

Le problème est que dans le même temps, le programme nucléaire a repris en violation des engagement iraniens : les centrifugeuses tournent à fond, et le pays approche du fameux « seuil », ce moment où un État est capable de produire une arme atomique.

Depuis, les enchères ne font que monter, et on est dangereusement au bord de la rupture.

Hier, l’Iran a annoncé l’arrêt de 27 caméras installés dans ses installations nucléaires par l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’AIEA, l’agence de l’ONU basée à Vienne. Ces caméras font partie de la surveillance prévue par les accords.

Il s’agit d’une mesure de représailles de Téhéran après une résolution adoptée mercredi par les gouverneurs de l’AIEA, condamnant les violations répétées de l’accord par l’Iran. Cette résolution a été très mal prise à Téhéran où le président Ebrahim Raïssi, un conservateur dans le contexte iranien, s’est exclamé : « Vous croyez que vous adoptez une résolution à l’AIEA et que nous allons reculer ? Au nom de dieu et de notre grande nation, nous ne reculerons pas d’un pas ».

Et maintenant ? Nous sommes bel et bien au bord de la rupture, et on peut se demander si le contexte de la guerre d’Ukraine, le jeu trouble de la Russie, signataire de l’accord, tout comme la Chine, ne contribue pas à brouiller les pistes.

En cas de rupture, il faut s’attendre à des tensions extrêmes dans cette région. La nouvelle alliance d’Israël et des pays arabes du Golfe ne veut pas voir un Iran nucléaire, et sera tentée d’agir. Il y a un moment où la diplomatie atteint ses limites, et on entre en territoire inconnu. On s’en approche dangereusement.