Sécurité maximale en place à Bali, en Indonésie, qui accueille la semaine prochaine le sommet du G20.
Sécurité maximale en place à Bali, en Indonésie, qui accueille la semaine prochaine le sommet du G20. ©AFP - JOHANNES P. CHRISTO / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Sécurité maximale en place à Bali, en Indonésie, qui accueille la semaine prochaine le sommet du G20. ©AFP - JOHANNES P. CHRISTO / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Sécurité maximale en place à Bali, en Indonésie, qui accueille la semaine prochaine le sommet du G20. ©AFP - JOHANNES P. CHRISTO / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Publicité

Joe Biden et Xi Jinping, mais pas de Vladimir Poutine au Sommet du G20 à Bali, l’une des rencontres internationales des prochains jours, dans un climat mondial délétère. Pas de miracle à attendre, mais c’est déjà positif qu’on se parle…

La diplomatie est-elle la poursuite de la guerre par d’autres moyens ? Ou au contraire une façon de l’éviter, ou d’y mettre un terme quand on n’a pas pu l’empêcher ? Nous aurons des éléments de réponse dans les tous prochains jours, à l’occasion d’une série de rendez-vous internationaux.

Pour la première fois depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine il y a bientôt neuf mois, les dirigeants des principales économies se retrouvent en début de semaine prochaine au G20 de Bali, en Indonésie. Tous, sauf un, Vladimir Poutine, qui a choisi la politique de la chaise vide, et sera représenté par son fidèle Sergei Lavrov.

Publicité

Mais il y aura l’Américain Joe Biden, le Chinois Xi Jinping, l’Indien Narendra Modi, les Européens dont Emmanuel Macron, et les grands pays émergents comme le Brésil ou l’Afrique du Sud. Certains, comme les Occidentaux, sont engagés au côté de l’Ukraine ; d’autres, comme la Chine, soutiennent politiquement la Russie ; d’autres enfin sont réfugiés dans un « non-alignement » inconfortable. C’est la première occasion pour ces dirigeants de se parler depuis le début de la guerre. En ne venant pas, Poutine prend le risque de s’isoler, de laisser le champ libre à ses ennemis.

Le moment clé, confirmé hier par Pékin et Washington, sera le tête-à-tête lundi entre Joe Biden et Xi Jinping, les deux grands rivaux du XXI° siècle. Les deux hommes se connaissent de l‘époque où ils étaient tous deux vice-présidents de leurs pays respectifs, mais ne se sont pas rencontrés physiquement depuis l’élection de Biden il y a deux ans.

C’est un moment important car les relations entre les deux pays ne cessent de se dégrader. Joe Biden a pris le mois dernier des décisions sur l’industrie des semi-conducteurs, dont on connait l’importance stratégique aujourd’hui, qui sont une véritable déclaration de guerre technologique à la Chine. Pékin n’a pas encore réagi, mais le coup porté à la capacité d’innovation chinoise est rude.

La Russie est un élément aggravant de cette relation de plus en plus conflictuelle : Pékin est partagé entre un soutien politique à la remise en cause de l’ordre occidental, et le souci de ne pas devenir une victime collatérale de l’échec russe. Dans la mise à plat des sujets qui fâchent entre les deux pays, la Russie occupera une place de choix.

Ces rencontres n’auront pas d’impact immédiat sur la guerre en Ukraine, car personne ne négociera à la place de l’Ukraine et de la Russie, dont les Présidents interviendront seulement en visioconférence. Mais que les lignes bougent entre les pays membres du G20 serait déjà un signal positif.

Le climat international n’est pas bon. Il suffisait d’écouter mercredi Emmanuel Macron parler aux militaires à Toulon de la « grande confrontation géopolitique de demain » ; au même moment, à Pékin Xi Jinping, revêtu d’un treillis militaire, s’adressait à la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois, et lui demandait d’être « loyale et efficace dans la planification de la guerre », avec « l’audace de gagner ».

Que peut la diplomatie face aux « logiques de guerre » ? On le verra au G20, mais aussi dans deux autres rencontres en Asie, l’ASEAN, les pays d’Asie du Sud-est que va rencontrer Joe Biden à Phnom Penh, et l’APEC, les pays d’Asie-Pacifique, à Bangkok. Pas de miracle à en attendre, mais ça faisait bien longtemps que l’on ne s’était pas autant parlé, c’est déjà ça !