Vue aérienne de la ville de Zaporijia en Ukraine ©Getty - Roman Obidonov / EyeEm
Vue aérienne de la ville de Zaporijia en Ukraine ©Getty - Roman Obidonov / EyeEm
Vue aérienne de la ville de Zaporijia en Ukraine ©Getty - Roman Obidonov / EyeEm
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Résumé

En Ukraine, Zaporijjia a été à nouveau visée par des tirs : l'inquiétude est grande et l'on oublie, pendant ce temps, l'humiliation russe subie en Crimée.

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Les abords de la centrale nucléaire de Zaporijjia ont de nouveau été bombardés

Plusieurs salves de tirs tout près de cette centrale qui, je le rappelle regroupe 6 réacteurs nucléaires ; des installations civiles près de l’un d’entre eux touchées ; une réunion hier en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU et cette phrase :

« L’heure est grave », prononcée par Rafael Grossi, directeur général de l’Agence viennoise de l’énergie atomique, qui réclame depuis plusieurs jours – sinon plusieurs semaines – un accès à ces installations prises par la Russie le 4 mars.

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On comprend l’inquiétude générale : un tir mal placé pourrait endommager les lignes à haute tension nécessaires au refroidissement des réacteurs ou les « piscines » qui contiennent le combustible usagé hautement radioactif.

Mais on avait plutôt l’impression, qu’au-delà de l’avertissement sans frais adressé par la Russie le jour du 77e anniversaire du bombardement de Nagazaki, le Kremlin tentait plutôt de démontrer sa responsabilité en matière nucléaire.

Parce qu’en occupant la centrale dès les premiers jours de l’invasion de l’Ukraine, Moscou en est devenu entièrement responsable. C’est d’ailleurs à Moscou que l’AIEA s’adresse pour obtenir des inspections.

Ensuite, occuper la Crimée, les bords de la mer d’Azov, le Donbass et les régions de Kherson et Melitopol sont une chose ; les annexer en est une autre pour laquelle il faut de l’électricité en quantité.

C’est d’ailleurs ce que Moscou est en train de préparer à Zaporijjia : une dérivation pour que la production électrique de cette immense centrale, la plus grande d’Europe, alimente à terme les territoires occupés.

On comprend d’autant moins ce regain de tirs aux abords de la centrale !

Pour comprendre, il faut prendre un peu de recul. Que s’est-il passé de remarquable ces derniers jours sur le front ukrainien ? Il s’est passé mardi l’attaque d’une des bases aériennes les plus importantes de l’armée russe en Crimée.

D’énormes dépôts de munition détruits, au moins 8 avions de chasse carbonisés ; une installation cruciale totalement hors d’usage. On ne sait pas encore comment l’armée ukrainienne a obtenu un tel résultat :

Un missile longue portée bien ajusté ? Un drone guidé par un commando infiltré ? Une opération de sabotage impliquant des résistants clandestins ? Une combinaison des trois ? Toujours est-il que l’humiliation est brutale pour Vladimir Poutine.

Une humiliation et une volonté de détourner l'attention

Cette opération démontre, au pire, l’incompétence de l’armée russe, incapable de défendre son espace aérien d’un drone ou d’un missile ou de protéger des installations essentielles ; au mieux son impréparation ou son épuisement.

Au fond, il ne serait pas si étonnant que pour effacer pareil désastre, Moscou tente de détourner l’attention du monde en agitant à nouveau le danger nucléaire. L’idée est de signifier aux Ukrainiens et au monde que l’armée russe a des lignes rouges et les moyens nucléaires de les faire respecter. Du chantage on est passé à la menace !

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L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger