Le Président iranien Ephraïm Raïssi a pris ses fonctions en 2021, mais n’a pas permis d’aboutir à la relance de l’accord nucléaire et la levée des sanctions.
Le Président iranien Ephraïm Raïssi a pris ses fonctions en 2021, mais n’a pas permis d’aboutir à la relance de l’accord nucléaire et la levée des sanctions.
Le Président iranien Ephraïm Raïssi a pris ses fonctions en 2021, mais n’a pas permis d’aboutir à la relance de l’accord nucléaire et la levée des sanctions. ©AFP - Iranian Presidency / Handout / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Le Président iranien Ephraïm Raïssi a pris ses fonctions en 2021, mais n’a pas permis d’aboutir à la relance de l’accord nucléaire et la levée des sanctions. ©AFP - Iranian Presidency / Handout / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Le Président iranien Ephraïm Raïssi a pris ses fonctions en 2021, mais n’a pas permis d’aboutir à la relance de l’accord nucléaire et la levée des sanctions. ©AFP - Iranian Presidency / Handout / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
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Résumé

Un couple français a été arrêté en Iran, « sans fondement » selon Paris, deux otages de fait qui servent de monnaie d’échange au régime de Téhéran, alors que les négociations sur l’accord nucléaire sont au point mort.

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Comment négocie-t-on avec un pays preneur d’otages ? C’est le problème posé par l’Iran, qui vient d’ajouter deux citoyens français aux deux autres Français qui croupissent déjà dans ses geôles. C’est un couple, voyageant en touristes, qui été arrêté en Iran – « sans fondement » selon le Quai d’Orsay qui exige un accès consulaire qui lui est pour l’instant dénié, au mépris des règles diplomatiques. 

Aucun de ces détenus n’est officiellement otage, bien sûr, mais quels que soient les griefs à leur égard, ils servent de monnaie d’échange. A l’image de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une Britannique d’origine iranienne, libérée en mars après six ans de détention ; et le déblocage d’une dette britannique de 500 millions de dollars dus à l’Iran. 

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Roland Marchal, un chercheur français, a passé neuf mois en détention avant d’être échangé en 2020 contre un ingénieur iranien détenu en France. Sa compagne, Fariba Adelkhah, chercheuse française de Sciences Po d’origine iranienne, a été arrêtée en juin 2019 et condamnée à cinq ans de prison. Un autre Français, Benjamin Brière, a été condamné en janvier à huit ans de prison pour « espionnage ».

Cette « diplomatie des otages » est peut-être l’arme du faible vis-à-vis du fort ; mais elle est surtout une pratique insupportable d’un État qui s’installe lui-même dans un statut de paria.

Difficile de ne pas y voir un moyen de faire pression sur les Occidentaux à un moment où les négociations sur le nucléaire iranien sont dans l’impasse et menacées d’échec.

Le dossier, complexe, a connu de nombreux rebondissements. En juillet 2015, l’Iran signe un accord qui gèle son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions. Il respecte les termes de cet accord, mais l’élection de Donald Trump rebat les cartes. En 2018, il sort les États-Unis de l’accord et rétablit des sanctions.

2021, Joe Biden arrive à la Maison Blanche, et veut ressusciter l’accord de 2015. Depuis mars, un texte est prêt à être signé, mais Téhéran avance une exigence qui n’a rien à voir avec le nucléaire : que les Américains sortent les Gardiens de la Révolution iraniens de leur liste des organisations terroristes. Depuis, c’est l’impasse.

Les diplomates français se disaient hier pessimistes sur les chances de parvenir à un règlement, et les arrestations d’étrangers sont peut-être le signe de cet échec annoncé. 

De source diplomatique, on mettait en garde les Iraniens de ne pas « jouer la montre », pour développer leur programme nucléaire tout en faisant mine de négocier. Un diplomate européen est en ce moment même à Téhéran pour tenter d’avancer, tout comme l’émir du Qatar, Sheikh Tamim, qui joue les bons offices.

L’alternative, c’est un Iran qui approche dangereusement du seuil nucléaire, dans une région en permanence au bord du gouffre. Un Iran qui approche de l’arme atomique, c’est le risque d’un conflit avec Israël et les monarchies du Golfe ; c’est la garantie de tensions extrêmes avec les Occidentaux ; et c’est un calvaire durable pour ces otages qui ne disent pas leur nom.