Le Leader du parti d’extrême droite Démocrates de Suède, Jimmie Akesson, célèbre le succès de son parti avec ses partisans. ©AFP - Maja SUSLIN / TT News Agency / AFP
Le Leader du parti d’extrême droite Démocrates de Suède, Jimmie Akesson, célèbre le succès de son parti avec ses partisans. ©AFP - Maja SUSLIN / TT News Agency / AFP
Le Leader du parti d’extrême droite Démocrates de Suède, Jimmie Akesson, célèbre le succès de son parti avec ses partisans. ©AFP - Maja SUSLIN / TT News Agency / AFP
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Résumé

La percée de l’extrême droite aux élections législatives suédoise, possiblement suivie dans neuf jours par la victoire de l’alliance droite-extrême droite en Italie, sème l’inquiétude en Europe. Le contexte de la guerre russe en Ukraine et de l’inflation exacerbe les tensions.

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Les sondages l’annonçaient, mais le résultat a quand même fait un choc : les mal-nommés Démocrates de Suède, formation d’extrême droite, héritière d’un groupe néo-nazi, est arrivé en seconde position aux élections législatives suédoises, derrière le Parti social-démocrate, longtemps hégémonique.

La première ministre sortante, Magdalena Andersson, a admis sa défaite, ouvrant la voie à une majorité de droite et d’extrême droite, dont le contour reste à négocier. La percée d’extrême-droite, passée de 5 à 20,6 % en douze ans, pose évidemment question à un pays de tradition social-démocrate.

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Dans neuf jours, une autre élection majeure européenne est annoncée comme pouvant être gagnée par la droite et l’extrême-droite : c’est en Italie, où Giorgia Meloni, la dirigeante des Fratelli d’Italia, une formation d’inspiration néo-fasciste, pourrait devenir la prochaine première ministre. Là encore, elle est passée en quelques années de la marginalité au centre du jeu politique.

En quelques jours, ce sont donc deux pays majeurs de l’Union européenne, l’un au nord, l’autre au Sud, qui sont en train de faire pencher le balancier très très à droite.

Chaque pays a un contexte et une histoire spécifique. En Italie, par exemple, le parti de Giorgia Meloni est le seul à avoir refusé d’entrer dans la grande coalition de Mario Draghi, l’ancien gouverneur de la Banque centrale européenne. Elle récolte les fruits de cette distance du reste de la classe politique, même si le gouvernement Draghi est loin d’avoir démérité.

En Suède, c’est une vague de criminalité que l’extrême droite associe à une forte immigration extra-européenne, qui lui a permis de percer.

A l’échelle européenne, le phénomène n’est évidemment pas nouveau, il y a eu des partis d’extrême-droite dans des gouvernements, comme en Autriche, ou déjà en Italie avec la Ligue de Matteo Salvini.

L’Europe leur a survécu ; mais le moment est différent, post-covid, dans le contexte de la guerre d’Ukraine, et des prix de l’énergie qui explosent.

Ces résultats peuvent-ils avoir un impact européen ? C’est toute la question, alors que l’Europe est engagée dans le soutien à l’Ukraine et accélère son intégration. Laurence Boone, la Secrétaire d’État chargée de l’Europe, exprimait hier au micro de France Inter son « inquiétude », c’était son mot, face à la percée d’extrême droite.

Pour ajouter à ce tableau, il faut aussi mentionner l’adoption hier, à une forte majorité, au Parlement européen, d’un rapport qualifiant la Hongrie de Viktor Orban de « régime hybride d’autocratie électorale ». Ce rapport n’est qu’indicatif, mais il illustre les rapports tendus entre Budapest et Bruxelles autour de la question de l’état de droit.

Cette situation inquiète suffisamment pour qu’en France, Laurence Boone ait dans sa feuille de route la préparation des élections européennes du printemps 2024, dans à peine dix-huit mois. Une fois de plus, comme en 2019, les partis d’extrême droite tenteront de se renforcer pour faire changer de cap l’Union européenne.

Les votes de la Suède et de l’Italie ne suffisent sans doute pas à faire basculer un continent, mais ils sont annonciateurs des batailles à venir. Le contexte de la guerre russe en Ukraine ne fait qu’exacerber les enjeux.