Le Président ukrainien Volodimir Zelensky et Emmanuel Macron, hier à Kiev.
Le Président ukrainien Volodimir Zelensky et Emmanuel Macron, hier à Kiev.
Le Président ukrainien Volodimir Zelensky et Emmanuel Macron, hier à Kiev. ©AFP - Ludovic MARIN / POOL / AFP
Le Président ukrainien Volodimir Zelensky et Emmanuel Macron, hier à Kiev. ©AFP - Ludovic MARIN / POOL / AFP
Le Président ukrainien Volodimir Zelensky et Emmanuel Macron, hier à Kiev. ©AFP - Ludovic MARIN / POOL / AFP
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Résumé

Les dirigeants français, allemand, italien et roumain ont apporté hier à Kiev leur soutien sans nuance à l’Ukraine, et à sa demande du statut de candidat à l’UE ; de quoi ressouder les pays de l’UE dont les divisions étaient de plus en plus visibles.

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Le mot « historique » a été prononcé hier, pour qualifier la visite à Kiev des dirigeants français, allemand, italien et roumain, et l’affirmation de leur soutien « inconditionnel » à l’Ukraine en guerre. La formule est parfois galvaudée, mais elle prend ici tout son sens.

Ce voyage des dirigeants des trois premières économies de l’Union européenne marque un tournant dans cette guerre qui dure depuis bientôt quatre mois, et peut-être une étape pour la construction européenne elle-même.

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Il signale l’alignement des positions allemande et française en particulier, sur la ligne du soutien sans hésitations à l’Ukraine défendue depuis longtemps par les pays du flanc Est de l’UE. C’est la fin, au moins pour le moment, du grand écart de plus en plus visible, entre les ténors traditionnels de l’Union, et les pays placés en première ligne par l’histoire et la géographie.

Emmanuel Macron, Olaf Scholz, Mario Draghi et le Président roumain Klaus Iohannis ont en particulier donné leur accord au statut de candidat à l’adhésion demandé par l’Ukraine, et qui divisait l’Europe. Les dernières réserves des poids lourds ont été levées, et, s’il reste encore quelques pays réticents, le Conseil européen de jeudi prochain s’annonce sous de meilleurs auspices.

Pourquoi ce revirement ? L’explication est d’abord géopolitique : si, comme le pensent les Occidentaux, la guerre d’Ukraine est devenue un test des rapports de force internationaux, les divisions européennes devenaient périlleuses.

Depuis sa décision fatidique d’envahir l’Ukraine le 24 février, Vladimir Poutine se trompe sur la réaction occidentale : il comptait sur la passivité européenne, et c’est raté ; il pensait les États-Unis épuisés par leur débâcle de Kaboul et leurs divisions internes, il les a remis en selle dans leur position de leaders du bloc occidental.

Pour Paris et Berlin, l’heure du choix était arrivée. Toutes deux ont été bousculées dans leurs choix stratégiques. Emmanuel Macron a cru trop longtemps que sa posture médiatrice lui permettrait de peser sur la Russie, en vain. La remise en cause est plus profonde encore à Berlin après des décennies d’aveuglement face à une Russie résurgente. Pour tous les deux, le voyage à Kiev marque un virage réaliste.

La Russie a traité hier cette visite par le mépris ; Dmitri Medvedev, l’homme qui avait autrefois pris la place de Poutine le temps d’un mandat, a ironisé sur un déplacement « inutile » de mangeurs de grenouilles, de saucisses et de spaghettis.

Mais face à un conflit qui s’inscrit dans la durée, le retour à une trajectoire d’unité des « 27 » a son importance. Le soutien à l’Ukraine ne serait pas possible avec une Union européenne divisée sur la marche à suivre, et surtout avec une défiance vis-à-vis des pays historiques d’Europe de l’Ouest.

Les prochaines échéances -à l’UE, à l’Otan, au G7- devraient montrer une unité que seules les exceptions hongroise ou turque viendront troubler. Après les frictions des dernières semaines, le président ukrainien Volodimir Zelensky pouvait déclarer hier « la page tournée ». Cela n’était pas acquis il y a seulement quelques jours.