La dirigeante du parti d’extrême-droite Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, favorite des sondages pour devenir la prochaine première ministre d’Italie. ©AFP - Piero CRUCIATTI / AFP
La dirigeante du parti d’extrême-droite Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, favorite des sondages pour devenir la prochaine première ministre d’Italie. ©AFP - Piero CRUCIATTI / AFP
La dirigeante du parti d’extrême-droite Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, favorite des sondages pour devenir la prochaine première ministre d’Italie. ©AFP - Piero CRUCIATTI / AFP
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Résumé

Les trois partis de la coalition droite-extrême droite en Italie sont divisés sur la guerre en Ukraine et les relations avec la Russie. Giorgia Meloni, la possible première ministre, est atlantiste quand ses alliés sont pro-Poutine.

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Chaque fois qu’un parti d’extrême-droite participe à un gouvernement en Europe, et c’est déjà arrivé plus d’une fois, la même question se pose : quelles conséquences pour l’Union européenne ? Avec les sondages qui donnent la victoire, dimanche, aux élections générales en Italie, à la coalition droite et extrême-droite conduite par Giorgia Meloni, il faut ajouter une autre question : quelles conséquences pour le soutien européen à l’Ukraine ? Quel impact sur la politique de l’Union vis-à-vis de la Russie ?

Giorgia Meloni, selon tous les sondages, pourrait être la prochaine première ministre italienne, à la tête d’un des pays fondateurs de l’Union, sa troisième économie, un pays majeur dans toutes les décisions. Elle dirige les Fratelli d’Italia, frères d’Italie, un « parti de droite radicale issu du néofascisme qui se présente désormais comme conservateur et traditionaliste », selon la définition du spécialiste de l’Italie à Sciences Po, Marc Lazar. Et elle est alliée à l’autre parti d’extrême-droite, la Ligue de Matteo Salvini, et à Forza Italia, la droite de Silvio Berlusconi.

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La guerre d’Ukraine est le dossier le plus important du moment, sous toutes ses dimensions ; c’est aussi le sujet qui divise les partenaires de la future coalition. Or c’est la question qui affectera très vite la relation de l’Italie avec ses partenaires de l’UE, et conditionnera en partie l’avenir de l’Europe.

Comme en France, une partie de la classe politique italienne a longtemps été fascinée par Vladimir Poutine, et a trouvé à Moscou encouragements et soutiens. Silvio Berlusconi a même été s’afficher avec le Président russe en Crimée, après l’annexion pourtant condamnée par l’Italie et l’Europe. Quant à Matteo Salvini, une photo célèbre le montre sur la place rouge, affublé d’un t-shirt à l’effigie de Poutine, dont il a dit qu’il le verrait bien à la tête de l’Italie. Tous deux critiquent aujourd’hui les sanctions contre la Russie.

Giorgia Meloni, elle, a un positionnement différent. Elle s’est moins « mouillée » avec Poutine, mais se montre surtout d’un atlantisme à toute épreuve, fidèle à la tradition de sa famille politique. Dès le début de la guerre, elle a soutenu Kiev, et partage avec le Parti démocrate de centre-gauche d’Enrico Letta le soutien à l’envoi d’armes à l’Ukraine, contre l’avis de ses partenaires de droite.

Ces nuances sont scrutées dans les différentes capitales européennes, mais aussi à Moscou ; car une Italie qui changerait de position pourrait compromettre la très large unité européenne sur l’Ukraine qui s’est forgée au cours des sept derniers mois – seule la Hongrie de Viktor Orban fait exception par sa « Poutinophilie ».

Dans une note pour la fondation Terra Nova, Marc Lazar pronostique que « des tensions se manifesteront certainement entre la Ligue et Forza Italia, d’un côté, enclins à la recherche de la fin du conflit et qui seront peut-être soumis à des pressions venues de Moscou, et, de l’autre, Fratelli d’Italia complètement aligné sur la stratégie de l’Alliance atlantique ».

Si les électeurs italiens donnent bien la victoire dimanche à un parti héritier du fascisme, ce sera un électrochoc politique majeur, et pas seulement pour l’Italie.