Présentation d’une technologie utilisant l’Intelligence artificielle à une foire d’innovation en Chine : c’est le terrain de rivalité numéro un.
Présentation d’une technologie utilisant l’Intelligence artificielle à une foire d’innovation en Chine : c’est le terrain de rivalité numéro un.
Présentation d’une technologie utilisant l’Intelligence artificielle à une foire d’innovation en Chine : c’est le terrain de rivalité numéro un. ©AFP - Ou Dongqu / XINHUA / Xinhua via AFP
Présentation d’une technologie utilisant l’Intelligence artificielle à une foire d’innovation en Chine : c’est le terrain de rivalité numéro un. ©AFP - Ou Dongqu / XINHUA / Xinhua via AFP
Présentation d’une technologie utilisant l’Intelligence artificielle à une foire d’innovation en Chine : c’est le terrain de rivalité numéro un. ©AFP - Ou Dongqu / XINHUA / Xinhua via AFP
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Résumé

La Chine reste la principale menace pour les États-Unis, selon le Secrétaire d’État américain Anthony Blinken. Mais l’accent est mis sur la nécessité de relever le défi technologique chinois autant que sur les menaces militaires.

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Malgré l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les États-Unis considèrent toujours la Chine comme la principale menace au 21ème siècle. C’est ce qui ressort de la présentation hier de la politique chinoise de l’administration Biden par le Secrétaire d’État, Anthony Blinken.

Mais le plus intéressant est que le cœur de la rivalité ne porte pas sur l’essor militaire chinois, sur la sécurité de Taiwan, ou la liberté de navigation en Mer de Chine du Sud ; ces sujets sont importants et ont été cités. Rien de très différet de l'ère Trump.

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L’enjeu numéro un est en fait la maîtrise de la technologie. Au point qu’à écouter Blinken, on a le sentiment d’un nouveau « moment Spoutnik » ; c’est comme ça qu’on a surnommé le réveil de l’Amérique, en 1957, lorsque l’URSS a surpris tout le monde en envoyant le premier satellite en orbite autour de la terre.

De peur d’être dépassé, le Président Eisenhower avait alors créé la NASA pour la conquête spatiale, et la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), une institution moins connue, mais dont la fonction essentielle est de conserver un coup d’avance dans les technologies de pointe. C’est de la DARPA qu’est né l’internet.

Donald Trump avait déjà réagi à la publication d’un plan de Pékin baptisé « Chine 2025 », qui listait les technologies dont la Chine se donnait pour objectif de devenir numéro un : Intelligence artificielle, biotechnologies, informatique quantique, etc. Mais là où Trump avait surtout imposé des sanctions, Biden veut relever le gant de l’innovation.

Anthony Blinken a souligné hier que les États-Unis avaient chuté de la première à la neuvième place mondiale dans les dépenses de recherche, alors que la Chine s’était hissée à la deuxième place. Cette rivalité stratégique, ainsi que le Covid qui a affecté les chaines d’approvisionnement, poussent désormais à relocaliser l’innovation.

Les États-Unis mettent les bouchées doubles pour rattraper leur retard, dans les semi-conducteurs par exemple. Joe Biden a visité il y a quelques jours une usine de pointe de semi-conducteurs en Corée du Sud qui est en train d’être dupliquée aux États-Unis. La course à l’innovation est lancée.

La dimension technologique est aussi importante que la rivalité militaire. Si les États-Unis se contentaient d’« endiguer » la Chine, comme on disait au temps de la guerre froide, avec leurs alliances régionales, ils se tromperaient de siècle.

Anthony Blinken a d’ailleurs souligné hier que ce qui distingue la Chine de la Russie, c’est que c’est une puissance globale -économique, technologique et militaire- qui veut changer l’ordre international. C’est en ça qu’elle est plus dangereuse que la Russie pour les États-Unis, même si ce sont les Russes qui font aujourd’hui la guerre.

La leçon américaine vaut aussi pour l’Europe, même si elle est moins comprise. L’Europe se réveille sur le plan militaire sous l’effet de la guerre à ses portes, mais il ne faudrait pas qu’elle en oublie l’« autre guerre », celle de la technologie, qui compte autant pour ne pas être vassalisé au 21ème siècle. Malgré quelques efforts à Bruxelles, nous avons besoin, nous aussi, d’un « moment Spoutnik ».