John Kerry, alors Secrétaire d’État américain, avait été l’un des artisans de l’Accord de Paris signé en 2015. Il a repris du service comme « Monsieur Climat » de Joe Biden.
John Kerry, alors Secrétaire d’État américain, avait été l’un des artisans de l’Accord de Paris signé en 2015. Il a repris du service comme « Monsieur Climat » de Joe Biden.
John Kerry, alors Secrétaire d’État américain, avait été l’un des artisans de l’Accord de Paris signé en 2015. Il a repris du service comme « Monsieur Climat » de Joe Biden. ©AFP - IAN LANGSDON / POOL / AFP
John Kerry, alors Secrétaire d’État américain, avait été l’un des artisans de l’Accord de Paris signé en 2015. Il a repris du service comme « Monsieur Climat » de Joe Biden. ©AFP - IAN LANGSDON / POOL / AFP
John Kerry, alors Secrétaire d’État américain, avait été l’un des artisans de l’Accord de Paris signé en 2015. Il a repris du service comme « Monsieur Climat » de Joe Biden. ©AFP - IAN LANGSDON / POOL / AFP
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Résumé

Le « Monsieur Climat » de Joe Biden cherche à coopérer avec la Chine sur le climat, alors que les relations sino-américaines sont au plus bas. Un test des relations entre les deux premières puissances, qui sont aussi les deux premiers pollueurs mondiaux.

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Peut-on coopérer avec la Chine sur le climat tout en étant adversaires, et même en pleine tension avec Pékin sur tous les autres sujets ? Ce n’est pas une question théorique, mais bel et bien la mission de John Kerry, l’ancien Secrétaire d’État de Barack Obama devenu le « Monsieur climat » de Joe Biden. 

John Kerry est arrivé en Chine hier, le premier haut responsable de l’administration Biden à s’y rendre depuis le changement à la Maison Blanche ; le premier dirigeant américain tout court depuis août 2019 ; il arrive en pleine crispation sino-américaine, en particulier autour des enjeux de Taiwan et de la Mer de Chine méridionale.

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John Kerry est la bonne personne pour cette mission de « diplomatie climatique ». En tant que chef de la diplomatie américaine, il avait piloté les négociations conduisant à l’Accord de Paris sur le climat en 2015 ; un accord rendu possible par une entente sino-américaine en amont. Son interlocuteur chinois à l’époque, s’appelait Xie Zhenhua, parti à la retraite depuis. Mais le président chinois Xi Jinping l’a rappelé de sa retraite pour redevenir l’alter ego de John Kerry. Un geste de bon augure.

Le climat peut-il échapper aux tensions diplomatiques ? Pas si sûr ! Il n’est pas évident que Pékin accepte de jouer le jeu de la coopération avec Washington, même sur un sujet d’intérêt général comme le changement climatique, au moment où les États-Unis décrivent la Chine comme une « menace » et l’accusent de « génocide » au Xinjiang.

Un éditorial du quotidien nationaliste de Pékin, « Global Times », accusait hier les États-Unis de n’avoir ni la base morale, ni le pouvoir de dicter quoi que ce soit à la Chine sur les questions climatiques. Ce journal est souvent outrancier, mais le durcissement de la diplomatie chinoise en fait désormais un bon baromètre de la position de Pékin.

Le paradoxe est que la Chine a beaucoup évolué sur la question du climat, après avoir bataillé pendant des années pour faire porter tout le poids des efforts sur le vieux monde industriel. Depuis l’Accord de Paris, Pékin a pris ses propres engagements : plafonner ses émissions de C02 en 2030, et parvenir à la neutralité carbone en 2060 - dix ans après la date visée par les Américains et les Européens. Mais comme le souligne le « Global Times », ce sont des objectifs décidés à Pékin, et pas à Washington.

Joe Biden propose d’aller plus loin, c’est tout l’enjeu des concertations actuelles. Les scientifiques le disent, les objectifs de réduction sont insuffisants, et Joe Biden a invité les principaux dirigeants de la planète à un sommet virtuel la semaine prochaine pour en parler. L’objectif est de préparer la Cop26 de Glasgow en novembre. Xi Jinping n’a toujours pas donné sa réponse : s’il accepte, ça sera un signe de bonne volonté incontestable.

Les États-Unis, comme l’Union européenne d’ailleurs, estiment que la relation avec la Chine peut être à la fois celle d’un concurrent, parfois d’un adversaire, et, sur les sujets globaux, celle de la coopération. Le climat en fait partie.

Reste à savoir si la Chine, en pleine phase d’affirmation de sa puissance face aux Occidentaux « donneurs de leçons », comme elle dit, accepte cette nouvelle règle du jeu mondial. Si elle refuse, l’action collective contre le changement climatique en prendra un coup : c’est tout l’enjeu de la mission de John Kerry, sans doute le plus diplomate de la nouvelle administration.