Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky en visite sur la ligne de front avec les séparatistes pro-russes dans l’Est de l’Ukraine, le 9 avril 2021.
Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky en visite sur la ligne de front avec les séparatistes pro-russes dans l’Est de l’Ukraine, le 9 avril 2021.
Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky en visite sur la ligne de front avec les séparatistes pro-russes dans l’Est de l’Ukraine, le 9 avril 2021. ©AFP - STR / AFP
Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky en visite sur la ligne de front avec les séparatistes pro-russes dans l’Est de l’Ukraine, le 9 avril 2021. ©AFP - STR / AFP
Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky en visite sur la ligne de front avec les séparatistes pro-russes dans l’Est de l’Ukraine, le 9 avril 2021. ©AFP - STR / AFP
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Résumé

Alors que la Russie a envoyé des renforts à la frontière ukrainienne, Volodymyr Zelensky demande l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, un geste qu’il risque de ne pas obtenir lors de sa visite vendredi à Paris.

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Volodymyr Zelensky est le Président d’un pays qui est peut-être à la veille d’une guerre totale. Et le Président ukrainien vient à Paris demander des soutiens, des engagements dans l’espoir de dissuader son grand voisin, la Russie, de passer à l’acte.

Depuis plusieurs jours, des informations, qui ne font guère de doute, révèlent la concentration de troupes russes, des dizaines de milliers d’hommes et leur matériel, en Crimée et à la frontière est de l’Ukraine, ainsi qu’en Mer d’Azov, commune aux deux pays.

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Manœuvres d’intimidation ou préparatifs de guerre ? Les experts et les diplomates sont partagés sur la question. Ce qui est sûr, c’est que la guerre mal éteinte du Donbass, la région Est de l’Ukraine où plus de 13 000 personnes ont trouvé la mort depuis 2014, connait un regain d’activité ; plusieurs soldats ukrainiens ont été tués ces derniers jours.

Cette tension extrême coïncide avec un démarrage très tendu des relations entre le nouveau Président américain, Joe Biden, et Vladimir Poutine. Hier, Washington a expulsé dix diplomates russes et imposé des sanctions financières en représailles à une cyberattaque massive sur des cibles américaines l’an dernier. Pas de quoi espérer une désescalade à la frontière ukrainienne. 

Volodymyr Zelensky demande que soit lancé le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, une sorte d’assurance-vie pour son pays en raison de son article 5 qui prévoit la solidarité automatique de tous les pays-membres en cas d’agression contre l’un d’eux. Il demande aussi à rejoindre l’Union européenne.

Dans une interview au « Figaro » ce matin, le Président ukrainien fait un plaidoyer éloquent en faveur de cette adhésion : « Nous ne pouvons pas rester indéfiniment dans la salle d’attente de l’UE et de l’OTAN (…) Nous ne voulons pas avoir à mendier », dit-il. « La France est un grand pays, ajoute le Président ukrainien. Mon espoir est qu’elle soutienne ces aspirations. Nous ne pouvons pas sortir ensemble pour toujours, comme d’éternels fiancés, il faut légaliser nos relations, faire des enfants, c’est-à-dire, d’un point de vue allégorique, envisager un avenir commun ».

Il va sans doute répéter cette demande pressante, d’abord à Emmanuel Macron, puis à la Chancelière Angela Merkel qui se joindra à eux par visioconférence. La France et l’Allemagne sont les « parrains » d’un processus de négociation russo-ukrainien actuellement en panne.

Il semble peu probable que l’Ukraine obtienne satisfaction. La question avait déjà été posée à l’OTAN en 2008, et s’était heurtée au double refus de Paris et Berlin. Difficile de faire entrer dans l’OTAN un pays en guerre, et d’entraîner l’alliance dans un conflit quasi-automatique avec la Russie. Certains le regretteront, qui y verront un signe de faiblesse face à Moscou.

Mais à défaut d’adhésion, l’Ukraine aura le soutien des Occidentaux, même si ceux-ci ne savent pas trop comment présenter une dissuasion crédible aux yeux de Vladimir Poutine, sans aller jusqu’à risquer la guerre. Si l’intention du Président russe n’est pas tant d’envahir l’Ukraine que de tester la volonté des Occidentaux, ces derniers ne peuvent pas se permettre de rater ce test.

Dans tous les scénarios, l’Ukraine est l’un de ces « fronts » sur lesquels s’établissent les nouveaux rapports de force d’un monde redevenu brutal. Volodymyr Zelensky en est le symbole malgré lui, venu alerter une Europe qui n’est pas prête pour ce monde-là.