La Turquie a construit 800 kilomètres de mur, plus ou moins hermétique, avec la Syrie ©Radio France - Aurélien Colly
La Turquie a construit 800 kilomètres de mur, plus ou moins hermétique, avec la Syrie ©Radio France - Aurélien Colly
La Turquie a construit 800 kilomètres de mur, plus ou moins hermétique, avec la Syrie ©Radio France - Aurélien Colly
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Résumé

La Turquie a construit un mur de 800 kilomètres à la frontière syrienne entre 2014 et 2017. Un mur plus ou moins hermétique, qui s’ouvre et se ferme en fonction des priorités d’Ankara. L’armée turque passe dans un sens, mais dans l’autre, les réfugiés syriens sont empêchés d’entrer sur le territoire turc.

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800 kilomètres de murs construit par la Turquie, plus ou moins hermétique, en fonction du sens et des priorités d’Ankara. A l’Est, face au Kurdistan syrien, les réfugiés syriens ne passent pas vers la Turquie, mais les soldats turcs, eux, passent en Syrie, pour leur offensive contre les Kurdes il y a trois semaines. A l’ouest, autour de la province d’Idlib, dernier bastion rebelle de Syrie, même flexibilité pour l’armée turque qui y a des postes d’observation et même étanchéité pour les 3 millions de civils retranchés dans cette province, dont deux tiers qui ont fui le régime syrien. "Ma mère et mon frère sont à Idlib. Je leur parle par téléphone et par les réseaux sociaux… J’ai voulu les faire venir, mais le regroupement familial est trop strict. Là-bas, leur situation, leur niveau de vie est catastrophique", décrit Amer, réfugié en Turquie avant la construction du mur.

Ankara fait des exceptions : au moment des fêtes religieuses, des autorisations de passage pour les réfugiés syriens de Turquie, pour qu’ils aillent, eux, à Idlib voir leur famille. Ensuite, des passages sanitaires, accordées aux quelques ONG implantées de part et d’autre du mur.

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"Les cas qui passent la frontière se divisent en deux. Les urgences vont aux hôpitaux turcs, les moins urgents vers des centres spécialisés, comme le nôtre. A Idlib, notre antenne est dépassée par la demande, avec des centaines de personne sur liste d’attente", explique le directeur d’une ONG syrienne qui fournit des prothèses aux victimes de bombardements. 

"La majorité des civils d’Idlib s’est rapprochée du mur, ils sont juste derrière, dans des zones montagneuses autrefois inhabitée. Ils préfèrent vivre dans des abris ou des tentes, mais dans une partie moins exposée aux bombardements", ajoute un de ses collègues, en pointant le serpent de béton à quelques centaines de mètres… 

"Là j’étais en visite en Syrie pour plus d’un mois, mais la situation ne m’a pas plu… Pas de travail, c’est vraiment misérable… Les gens galèrent beaucoup, c’est très difficile… On espère que la situation va s’améliorer, que les choses vont aller mieux", résume Amina, arrivée de Syrie il y a trois ans avec ses 9 enfants, et qui a payé 1000 dollars à un passeur pour un A-R à Idlib.