Peut-on se passer de doudou ?

Peut-on se passer de doudou ?
Peut-on se passer de doudou ? ©Getty - Catherine Falls Commercial
Peut-on se passer de doudou ? ©Getty - Catherine Falls Commercial
Peut-on se passer de doudou ? ©Getty - Catherine Falls Commercial
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Les psys parlent d’objet transitionnel. Ces objets qui permettent d’affronter les séparations et de réconforter les enfants en l’absence d’un parent ou d’un adulte référent. Mais vous verrez que le doudou est beaucoup plus qu’un objet aux vertus anxiolytiques.

Ça peut-être un morceau de tissu, un coin de drap, une peluche. Des objets qui jouent un rôle important dans la vie des bébés et des jeunes enfants. Et de leurs parents. Je veux parler du doudou.

  • Comment il permet à l’enfant de grandir en bonne santé physique et psychique ?
  • De quelle façon, le doudou permet aussi de développer son imaginaire, sa créativité ou son intelligence ?
  • Mais un bébé, un enfant peut-il se passer de doudou ? Pourquoi sa perte est-elle parfois vécu comme un drame ?
  • Jusqu’à quel âge un enfant en a-t-il besoin ?
  • Faut-il s’inquiéter si un enfant le conserve jusqu’a 10 ans et au-delà ?
  • Pourquoi certains adultes ont-ils un doudou ?
  • Est-ce forcément un signe d’immaturité ?
  • Et peut-on par exemple considérer nos smartphones comme des doudous numériques ou est-ce abusif de le penser ?

Eléments de réponse avec nos experts.

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EXTRAITS DE L'ENTRETIEN

Un doudou n'est pas forcément un objet

Adrien Blanc explique : « Le doudou fait partie des phénomènes transitionnels. Mais d’autres « objets » peuvent jouer le même rôle : un petit rituel, une comptine, une chanson, un tapotement de la couette, un mouvement avant de s'endormir. Parfois, sans doute, culturellement, c’est un objet qui joue ce rôle « transitionnel ». Pour se rassurer, pour essayer de comprendre ce qui se passe autour de lui, le bébé va prendre les objets dans son berceau des choses autour de lui. Les doudous d’aujourd’hui sont bien pensés avec une partie dure, une partie molle, un ruban, un fil, différentes textures… Les bébés vivent dans un monde très sensoriel. Ils trouvent forcément dans cet objet de quoi stimuler, et les rassurer. »

Anne Lucas précise : « Albert Camus écrivait à son grand ami René Char : « L'amitié est un pont qui enjambe l'absence ». Le doudou est ce pont qui enjambe l'absence. Il fait le lien entre l'intérieur et l'extérieur, entre ce que le bébé a vécu comme expérience avec son parent, et l’expérience de séparation. La question est : comment va-t-il arriver avec cet objet à revivre cette expérience positive quand le parent n'est pas là. » Mais l’infirmière puéricultrice prévient : il faut d’abord qu’une relation qu’une relation sécure ait été construite en amont pour que cela fonctionne. Et pour cela, il faudrait que le congé maternité soit plus long. »

Le doudou souvent surinvestit par les parents, mais pas toujours nécéssaire

Adrien Blanc a remarqué que la peluche est souvent trop investie par les parents. : « Comme si celui qui s'appelle Doudou que l’on peut acheter dans une boutique spécialisée, était ce qui allait endormir, rassurer un enfant. Or non, il faut d'abord créer une expérience, un lien ou quelque chose qui va, qui va se répéter dont l’enfant va se saisir. Souvent quand l’enfant n’a pas d’objet, il y a un rituel sur lequel les parents vont pouvoir s'appuyer. Et c’est très bien. »

S’il disparaît, Adrien Blanc raconte : « J'ai envie de dire, même si on me regarde un peu bizarrement quand je le dis : ce n’est pas si dramatique. Le doudou est quelque chose qui existe dans la réalité partagée. S’il disparaît, s'il est abîmé, s'il est détruit… Malheureusement, cela fait partie des expériences de la vie. Les parents vont pouvoir en dire quelque chose, accompagner cette perte. Puis souvent, le petit a plein d'autres ressources dans son environnement sur lesquelles il peut s'appuyer. C'est comme le poisson rouge qui meurt et qu’on en met un autre à la place. L'enfant au fond de lui, il sait bien que ce n'est pas le même. »

La suite est à écouter...

Les invités

  • Adrien Blanc : Psychologue Clinicien, Docteur en Psychologie, Enseignant en Psychanalyse
  • Michaël Stora : De formation de cinéaste, il est devenu psychologue et psychanalyste.
  • Anne Lucas : Infirmière puéricultrice

L'équipe