Au Salon international de l'agriculture 2022
Au Salon international de l'agriculture 2022 ©Maxppp - LP/Olivier Lejeune
Au Salon international de l'agriculture 2022 ©Maxppp - LP/Olivier Lejeune
Au Salon international de l'agriculture 2022 ©Maxppp - LP/Olivier Lejeune
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L'émission Grand bien vous fasse était en direct du salon de l'Agriculture.

Les prix des matières premières agricoles montent en flèche, est-il encore possible de manger sain et durable ?

La loi Egalim 2 nous permet-elle d'accéder à la souveraineté alimentaire ?

S. Papin : Egalim 2 c'est la non-négociabilité des matières agricoles qui composent un produit en fonction de son coût de production. C'est un gros changement. Ça va permettre enfin aux agriculteurs de ne plus être la variable d'ajustement de cette guerre des prix. Et qu'ils puissent enfin avoir une rémunération de leur travail. La France doit être capable de produire toute son alimentation. Ce n'est pas le cas aujourd'hui par exemple avec le marché des légumineuses, des protéines végétales. L'agriculture doit être repensée à partir de sa diversité (...) C'est le signe que nous devons reprendre en main pour nous nourrir mieux et parfois un peu moins aussi.

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Les enjeux du bien manger

G. Cohen : L'enjeu du bien manger est à 2 niveaux : sociétal pour la valorisation de la filière agricole. En gros payer le prix juste et décent, et même un peu plus. Et l'enjeu environnemental, sur plein de de problématiques. Les pâturages disparaissent peu à peu en France. Ou encore l'opposition viande / légumes qui est une aberration (...) 
Il faut revenir à un bon sens paysan.

Acheter des produits de qualité va-t-il coûter encore plus cher dans les semaines qui viennent ?

S. Papin : Si on change son rapport à l'alimentation. Si on achète des produits de saison, des produits peu transformés, on a des produits de qualité qui sont accessibles. Un porc de qualité fermière est aujourd'hui à environ 7 euros le kilo. En revanche, si vous achetez des produits transformés, issus du marketing, évidemment cela coûte cher.

Comment faire pour avoir le temps d'acheter des produits frais et de les cuisiner ?

La problématique est souvent relevée. "Evidemment il faut passer un petit peu de temps" rappelle Serge Papin. "Ça peut ne pas être long, c'est une question d'organisation. On nous a tellement appris depuis 30 ans que le prêt à manger, il fallait l'acheter, que c'était plus simple etc... On a sacrifié une partie de la relation avec l'alimentation, avec la terre, avec la production."

Gregory Cohen nuance et précise qu'il ne faut pas opposer les produits transformés dans leur globalité à certains produits transformés. Par exemple, il souligne que l'étiquette "pâté de campagne" en supermarché ne veut pas forcément dire grand chose, mais qu'en revanche il existe des labels de qualités auxquels le consommateur peut se fier.

Les invités :

Laurent Guez : Directeur éditorial Smart Food – Le Parisien

Serge Papin : Chef d'entreprise. Il est de 2005 à 2018 le président-directeur général du groupement coopératif Système U. Il est le médiateur entre les producteurs et les agriculteurs lors des négociations commerciales. Convaincu du lien entre alimentation, santé et environnement, il lance en 2017 l'initiative  Osons Demain, un manifeste des chefs d'entreprises en faveur d'une véritable transition écologique en France. Livre : «  Du panier à l'assiette »  Serge Papin et  Périco Légasse, Solar, 2018

Chroniqueurs :

  • Guillemette Odicino
  • Maïa Mazaurette :
  • Julien Bisson : Rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le 1 et  de la revue America. Membre du comité éditorial de Zadig.
  • La chronique philo : « Qu’est-ce qu’avoir bon goût ? »
  • Grégory Cohen, chef cuisinier : Recette :

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