"Le Nom de la rose" film de Jean-Jacques Annaud, sorti en 1986.
"Le Nom de la rose" film de Jean-Jacques Annaud, sorti en 1986. ©AFP - NEUE CONSTANTIN FILM / CRISTALDI / COLLECTION CHRISTOPHEL
"Le Nom de la rose" film de Jean-Jacques Annaud, sorti en 1986. ©AFP - NEUE CONSTANTIN FILM / CRISTALDI / COLLECTION CHRISTOPHEL
"Le Nom de la rose" film de Jean-Jacques Annaud, sorti en 1986. ©AFP - NEUE CONSTANTIN FILM / CRISTALDI / COLLECTION CHRISTOPHEL
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Best-seller global vendu à soixante millions d’exemplaires dans le monde, le Nom de la Rose reparaît aujourd’hui chez Grasset dans une nouvelle édition avec des dessins et des notes préparatoires de l’auteur. Comment le relire aujourd’hui ?

Avec
  • Etienne Anheim Directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, directeur de la Revue "Les Annales"
  • Anne Besson professeure en littérature
  • Michel Pastoureau Historien, directeur d'études à l’École Pratique des Hautes Etudes
  • Antoine de Baecque Professeur d'histoire du cinéma à l'École normale supérieure

C’était il y a quarante ans, et Umberto Eco, était un jeune romancier de cinquante ans. Il se définissait alors comme un « médiéviste en hibernation », né à la recherche « en traversant des forêts symboliques peuplées de licornes et de griffons ». Il avait cherché à se soigner pourtant, s’intéressant à Superman davantage qu’à Thomas d’Aquin, faisant feu de tout bois dès lors qu’il s’agissait de proposer une sémiologie du monde contemporain, cherchant même à éteindre l’incendie de l’interprétation par le formalisme aride de ce structuralisme dont il était l’un des plus grands maîtres dans le monde.

Seulement, c’était plus fort que lui, le Moyen Âge demeurait la tentation constante d’Umberto Eco, « en sorte que je le vois partout, en transparence, dans tout ce qui m’occupe », affirmait-il. Tel est le véritable secret de ce polar théologique flamboyant, Le Nom de la rose — aussi méticuleuse soit-elle, la science des classifications ne peut rendre raison de l’affolement des imaginaires. Paru en 1982 dans sa traduction française, ce best-seller global — pensez qu’il s’en est vendu soixante millions d’exemplaires dans le monde, pour le coup c’est bien une « situation hallucinatoire » — reparaît aujourd’hui chez Grasset dans une nouvelle édition avec des dessins et des notes préparatoires de l’auteur. Comment le relire aujourd’hui, en lisant la manière dont Umberto Eco lisait le Moyen Âge en transparence dans le monde d’alors ?
Et quel est ce Moyen Âge qui nous fait signe aujourd’hui, celui des moines cupides, des inquisiteurs rusés ou des livres qui tuent ?

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Nous en parlons dans « Histoire de » avec l’historien Etienne Anheim, rejoint dans la deuxième partie de l’émission par Michel Pastoureau, Anne Besson, spécialiste du médiévalisme, et notre sociétaire du jour, Antoine de Baecque.

Bibliographie

Umberto Eco, Le nom de la rose, traduit de l’italien par Jean-Noël Schifano, Paris, Grasset, 1982, nouvelle édition avec les dessins et notes préparatoires de l’auteur, 2022.

Umberto Eco, Ecrits sur la pensée au Moyen Âge, traduit de l’italien par Myriem Bouzaher, Maurice Javion, François Rosso et Hélène Sauvage, Paris, Grasset, 2012.

Etienne Anheim, Clément VI au travail. Lire, écrire, prêcher au XIVe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014.

«  Les formes interdites de la musique médiévale avec Etienne Anheim », Entre-temps, 23 mars 2021

Anne Besson, William Blanc et Vincent Ferré dir.  Dictionnaire du Moyen Âge. Le médiévalisme, hier et aujourd’hui, Paris, Vendémiaire, 2022.

Michel Pastoureau, Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental, Paris, Le Seuil (« La Librairie du XXIe siècle »), 2004.

Patrick Boucheron, « Fictions, narrations, contemporanéités : l’art du récit de Jacques Le Goff », dans Etienne Anheim, Massimo Miglio et Catherine Virlouvet dir., Jacques Le Goff : l’Italia e la storia, Rome, Ecole française de Rome/Istituto storico italiano per il medio evo, 2017, p. 1-14.

André Loez, « Revoir Le Nom de la rose », podcast Paroles d’histoire, 2019

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