Quatre boules de cuir

Civilisation grecque, socle de la statue de kouros, bas-relief représentant des lutteurs, vers 510 avant J.-C.,
Civilisation grecque, socle de la statue de kouros, bas-relief représentant des lutteurs, vers 510 avant J.-C., ©Getty - DEA / G. NIMATALLAH/De Agostini
Civilisation grecque, socle de la statue de kouros, bas-relief représentant des lutteurs, vers 510 avant J.-C., ©Getty - DEA / G. NIMATALLAH/De Agostini
Civilisation grecque, socle de la statue de kouros, bas-relief représentant des lutteurs, vers 510 avant J.-C., ©Getty - DEA / G. NIMATALLAH/De Agostini
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Gloire, guerre, violence et spectacle : histoire des boxeurs depuis l'Antiquité, des pugilistes romains à Rocky Balboa.

Il a souffert, « le grand Georges », il a souffert sur les rings mais il a aussi triomphé. 88 victoires pour 14 défaites, Georges Carpentier est le premier français champion du monde en 1920. C’est pourtant sa défaite contre Jack Dempsey l’année suivante qui le fait entrer dans la légende. Celui dont on admirait le jeu de jambes se faisait photographier haut sur ses appuis, sur la pointe des pieds, et c’est exactement dans cette posture que l’on figure les pugilistes sur les vases grecs. Voici Pollux qui s’esquive, sous la plume légère du poète épique latin Valerius Flaccus dans les Argonautiques : « toujours effleurant sur la pointe des pieds la surface poudreuse du sol ».

Si nous montons sur le ring aujourd’hui, ce n’est pas pour évoquer l’histoire des boxeurs de l’Antiquité, mais depuis l’Antiquité — je veux dire depuis les temps anciens où des hommes, en fermant leurs poings, apprirent à user de la seule arme du corps humain. L’empereur Marc-Aurèle le disait bien :
« Il faut dans l’emploi des principes ressembler au pugiliste, non au gladiateur. Celui-ci n’a qu’à lâcher l’épée dont il se sert et il est tué ; l’autre dispose toujours de sa main ; il lui suffit de serrer le poing ».

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C’est depuis ces gestes très anciens que l’on va parler aujourd’hui de gloire, de guerre, de violence et de spectacle. A poings fermés. Une histoire de la boxe antique : tel est le titre du livre de Jean-Manuel Roubineau que nous recevons aujourd’hui, et qui sera rejoint dans la seconde partie de l’émission par le sociétaire du jour, Paulin Ismard, et par Loïc Artiaga, biographe d’un héros imaginaire de l’Amérique blanche et viriliste, Rocky Balboa

BIBLIOGRAPHIE

Jean-Manuel Roubineau, À poings fermés. Une histoire de la boxe antique, Paris, PUF, 2022.

Jean-Manuel Roubineau, Milon de Crotone, ou l’invention du sport, Paris, PUF, 2016.

Loïc Artiaga, Rocky, la revanche rêvée des blancs, Paris, Amsterdam, 2021.

Loïc Artiaga et Matthieu Letourneux, Aux origines de la pop culture, Paris, La Découverte, 2022.

Loïc Wacquant, Voyage aux pays des boxeurs, Paris, La Découverte, 2022.

Jack London, Un steak, trad. franç. Frédéric Cotton, préface de Loïc Wacquant, Paris, Libertalia, 2019.

Joyce Carol Oates, De la boxe, trad. franç. Anne Wickle, Paris, Tristram, 2012.

« Boxe ! La revanche des opprimés », série documentaire de Michel Pomarède en 4 épisodes, LSD, France culture : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-boxe-la-revanche-des-opprimes

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