Orhan Pamuk, les nuits de l'histoire

L'écrivain, Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature,  Orhan Pamuk
L'écrivain, Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature,  Orhan Pamuk ©Maxppp - Malte Ossowski/SVEN SIMON/picture alliance /Newscom
L'écrivain, Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature, Orhan Pamuk ©Maxppp - Malte Ossowski/SVEN SIMON/picture alliance /Newscom
L'écrivain, Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature, Orhan Pamuk ©Maxppp - Malte Ossowski/SVEN SIMON/picture alliance /Newscom
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Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature, publie "Souvenirs des montagnes au loin, carnets dessinés" (Gallimard)

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Nous sommes à Stockholm, le 10 décembre 1957, et Albert Camus reçoit le prix Nobel de littérature. Avec lui, les « devoirs difficiles » de l’écrivain confronté à cette méchanceté des temps qu’on nomme l’histoire. Le voici donc, je le cite encore, « à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher ».

Nous sommes à Stockholm, le 7 décembre 2006, et Orhan Pamuk reçoit le prix Nobel de littérature. Lui aussi doit rejoindre les nuits de l’histoire — tel est le titre de notre émission — ces nuits où l’on doit veiller « au service de la vérité et de la liberté », affirmait Camus, ces nuits où l’on « creuse un puits avec une aiguille », poursuivait Pamuk en citant un proverbe turc, à la recherche du monde imaginaire où se rêve notre propre vie.

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« J’écris, disiez vous ce jour là, parce que je suis très fâché contre vous tous, contre tout le monde. J’écris parce qu’il me plaît de rester enfermé dans une chambre, à longueur de journée. J’écris parce que je ne peux supporter la réalité qu’en la modifiant. J’écris pour que le monde entier sache quel genre de vie nous avons vécu, nous vivons moi, les autres, nous tous, à Istanbul, en Turquie. J’écris parce que j’aime l’odeur du papier et de l’encre »

Orhan Pamuk est avec nous aujourd’hui, dans l’odeur mêlé de ses souvenirs et de ses colères, et nous sommes fiers de l’accueillir pour parler de ses romans, de ses carnets dessinés, mais aussi des spectres qui rôdent dans la Turquie contemporaine. Elise Massicard nous rejoindra dans la seconde partie de cette émission pour évoquer le monde d’objets dont il s’entoure.

BIBLIOGRAPHIE

Orhan Pamuk, Souvenirs des montagnes au loin. Carnets dessinés, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Paris, Gallimard, 2022.

Orhan Pamuk, Les nuits de la peste, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Paris, Gallimard, 2022.

Orhan Pamuk, Istanbul. Souvenirs d’une ville, traduit du turc par Savas Demirel, Valérie Gay-Aksoy et Jean-François Pérouse, Paris, Gallimard, 2007, nouvelle édition 2017.

Orhan Pamuk, Le musée de l’innocence, traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy, Paris, Gallimard, 2011.

Albert Camus, Discours de Suède, Paris, Gallimard, 1958.

Françoise Daucé, Gilles Favarel-Garrigues, et Élise Massicard. « La “société civile” dans l’ordre autoritaire : perspectives croisées sur le monde associatif en Russie et en Turquie », dans

Pascal Bonnard éd., Faire, défaire la démocratie. De Moscou, Bogota et Téhéran au Conseil de l’Europe. Karthala, 2021, p. 189-216 ; https://www.cairn.info/faire-defaire-la-democratie--9782811128500-page-189.htm.

Edhem Eldem, L’Empire ottoman et la Turquie face à l’Occident, Paris, Fayard-Collège de France, 2018 ( leçon inaugurale au Collège de France prononcée le 21 décembre 2017, accessible en ligne

Olivier Bouquet, Pourquoi l’Empire ottoman ? Sox siècles d’histoire, Paris, Gallimard (« Folio histoire inédit »), 2022.

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