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Résumé

Danone s’apprête à officialiser le nom de son nouveau directeur général. Il s’agirait d’Antoine de Saint-Affrique.

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Ce Français de 57 ans dirige depuis six ans le groupe suisse Barry Callebaut, numéro un mondial du cacao, qui fournit les géants des sucreries Mars, Mondelez ou Ferrero. Il a déjà annoncé qu’il quittait son poste, et il doit prendre la direction opérationnelle de Danone en septembre prochain.

Ce choix met fin à la crise de gouvernance du groupe, marquée par le départ d’Emmanuel Faber le 14 mars dernier. Et c’est un choix qui fait sens. Antoine de Saint-Affrique est un très bon connaisseur du secteur agro-alimentaire. Il a passé 23 ans chez Unilever, jusqu’à finir président de la branche « alimentation », après une parenthèse de quelques années chez Danone.

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Il quitte Barry Callebaut auréolé d’un joli bilan. En novembre dernier, quand Faber annonçait des résultats plombés par la crise sanitaire et la suppression de 2.000 postes, Saint-Affrique affichait des résultats quasi-stables. Il aura pour mission de mettre en place le plan de restructuration “Local First” et de faire rebondir Danone.

Un anti-Faber ?

Oui et non. Ancien officier de réserve navale, diplômé de l'Essec et de la Harvard Business School, il a la réputation d’être un homme loyal, qui défend ses produits plus que ses idées, et qui ne se mettra pas en travers du Conseil d’administration.

Là où Faber était vu comme trop solo, Saint-Affrique rassure tout le monde. A commencer par Franck Riboud, fils du fondateur Antoine Riboud et figure incontournable du groupe.

Quant aux engagements sociaux et environnementaux de “l’entreprise à mission” Danone, le nouveau directeur général ne les démentira pas. Il y a deux ans, il déclarait, je cite : “Il n'y a pas de futur pour une entreprise qui ne serait pas un acteur économique responsable, tant du point de vue environnemental que sociétal.” Bref, on est dans la droite ligne du double projet de Danone !

Une succession arrangeante ? 

Pas tout à fait. On lui fait un reproche : celui de ne pas être une femme ! L’entreprise Women First, qui se bat pour favoriser l’accès des femmes aux postes de pouvoir, est montée au créneau la semaine dernière pour défendre une autre candidate : Nathalie Roos, directrice de la branche produits professionnels chez L’Oréal. Un post sur LinkedIn prenant son parti a été vu 500.000 fois.

Nathalie Roos a la connaissance de l’agro-alimentaire et une bonne réputation opérationnelle mais elle a pu être vue comme incontrôlable. Or une chose est sûre : dans la série “Danone dans la tourmente”, personne ne veut d’une nouvelle saison.

Références

L'équipe

Morgane Bertrand
Production