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Résumé

Le groupe pétrolier Total se rebaptise TotalEnergies. C’est le symbole de sa nouvelle stratégie, moins centrée sur le pétrole et le gaz et plus tournée vers les énergies renouvelables. Ce changement doit être acté vendredi par les actionnaires réunis en Assemblée générale. Mais il ne convainc pas tout le monde.

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Total devient Total Energies pour montrer qu'il prend un tournant plus vert. L’ONG Oxfam a publié un nouveau rapport pour décoder ce discours  et dénoncer des faux-semblants mis en avant pour paraître respectueux de l’environnement. 

La liste de l’ONG est longue, mais je vous cite quelques exemples. Total affirme qu’elle va baisser l’intensité en carbone de ses produits. C’est vrai, mais elle ne dit pas qu’elle compte augmenter la quantité produite, ce qui rend impossible le respect de l'accord de Paris. 

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Autre exemple, Total dit investir massivement dans les énergies vertes. Peut-être mais 80% de ses investissements entre 2026 et 2030 resteront consacrés aux énergies fossiles. En outre, Total considère le gaz comme une énergie verte, ou à tout le moins comme une énergie de transition. Il pollue certes moins que le pétrole, mais cela reste un hydrocarbure. 

Il n’y a pas que les ONG qui mettent en doute la stratégie climatique de Total, il y a aussi ses actionnaires. 

Oui et c’est la deuxième année de suite. L’an dernier, une coalition de fonds regroupant le Crédit Mutuel, la Banque Postale et la société de gestion Meeschaert avaient déposé une résolution exhortant Total à prendre des objectifs ambitieux sur le climat. 

Elle avait été soutenue par 17% des actionnaires et 11% s’étaient abstenus. 30% des actionnaires de Total lui adressaient donc un avertissement. La plupart d’entre eux sont regroupés dans une coalition: Climate action 100, qui veut faire bouger les entreprises.

Total a été obligé d’engager un dialogue avec eux. Jusqu’en décembre, son patron Patrick Pouyanné ne voulait pas prendre d’engagements contraignants mais finalement il s’y est résolu et ils seront soumis au vote après-demain. 

Est-ce que Total va assez loin pour convaincre ces actionnaires ? 

Hélas non. Ils se félicitent du dialogue, en soi c’est déjà un progrès. Certains comme le Crédit mutuel ont donc décidé de s’abstenir plutôt que de voter contre la résolution de Total. 

Mais d’autres vont s’y opposer. Un point ne passe pas: BP ou Shell ont pris l’engagement de ne plus développer de nouveaux champs pétroliers, ils ont passé leur pic pétrolier. Et leur production va baisser. Pas celle de Total, qui maintient notamment son projet en Ouganda, que même les banques françaises refusent de financer. 

Total répondra sur certains points vendredi. Mais la bagarre va continuer. 

Références

L'équipe

Sophie Fay
Production