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Résumé

Depuis 2000, le Cercle des économistes et le journal Le Monde décerne chaque année à un chercheur de moins de 41 ans, le prix du meilleur jeune économiste. Il sera remis ce soir à un prof de London School of Economics.

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Il s’appelle Xavier Jaravel, il a 31 ans. Il est professeur à la London School of Economics, après être passé par l’université Harvard, où il a fait sa thèse de doctorat. Il est en ce moment à Paris, détaché pour un an, au ministère des finances. 

Point intéressant, Xavier Jaravel a choisi de devenir économiste à Sciences po, après avoir suivi en première année le cours d’un autre lauréat du prix du jeune économiste, Etienne Wasmer, lauréat 2006. 

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Et il vient de se faire remarquer en publiant une note sur les produits, notamment les composants pharmaceutiques, que la France doit absolument relocaliser pour être plus forte dans la mondialisation. Il en est le co-auteur avec Isabelle Méjean, qui était la meilleure jeune économiste de l’an dernier. Les jurés du prix ont du flair. 

Et quelle est la particularité des recherches de Xavier Jaravel ? 

Il aime poser une question : l’innovation augmente-t-elle les inégalités ? La mondialisation nous rend-elle vulnérable ? Les robots nous piquent-ils nos boulots ? Et chercher des réponses dans les données statistiques plutôt que dans la théorie. 

Si on prend l’exemple des robots, Xavier Jaravel utilise des données entreprise par entreprise. Bilan : ce sont celles qui robotisent le plus, qui créent le plus d’emplois, car en général elles gagnent des parts de marché à l’international. 

Pour lui, il ne faut donc surtout pas taxer les robots. Plus Macron que Benoît Hamon. 

Il a aussi travaillé sur l’énorme dette, qui gonfle encore plus avec la politique de “quoi qu’il en coûte”

Oui, Olivier Dussopt, le ministre délégué au budget, a donné vendredi le chiffre de déficit pour cette année : 47 milliards d’euros de plus que prévu, soit un total de 220 milliards d’euros. C’est un record absolu depuis 1945. 

Xavier Jaravel était rapporteur de la Commission Arthuis. Il connaît donc le problème, mais pour lui, il ne faut pas rester le nez dessus comme on fait en France. 

Il faut sortir des projections à 5 ans pour savoir comment on va résorber cette dette et regarder à 30, 40 voire 70 ans. 

Car quand on se compare à l’Allemagne sur cinq ans, le résultat est catastrophique, mais si on regarde à long terme, la démographie française - les naissances- étant plus dynamique, la dette paraît presque aussi soutenable que la dette allemande. Pas de quoi pavaner, assez pour garder le moral… en marche.