laboratoire Boiron ©Getty - Ugo Padovani / Hans Lucas
laboratoire Boiron ©Getty - Ugo Padovani / Hans Lucas
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Résumé

Le groupe Boiron se diversifie pour compenser l'effet du déremboursement de l'homéopathie depuis le 1er janvier 2021. Il inaugure ce soir les nouveaux locaux de la start-up "Abbi", spécialiste de la cosmétique sur mesure. Mais ce sont surtout les autotests Covid-19, qui soutiennent l'activité.

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Ce soir à Sainte Foy-lès-Lyon, la directrice générale de Boiron inaugurera le siège d’Abbi, une start-up de la cosmétique qu’elle vient d’acheter. C’est un tournant dans l’histoire du numéro un mondial de l’homéopathie.

Boiron, c’est le spécialiste des tubes de granules d’homéopathie. Une très belle entreprise familiale.

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Mais depuis la décision d’Agnès Buzyn de dérembourser ce type de traitement, jugé inefficace, cette grosse PME lyonnaise, 2800 salariés, a été secouée. Ses dirigeants et la famille de ses fondateurs, les frères Boiron, sont toujours dans l’incompréhension.

Ils ont beaucoup parlé avec leurs homologues allemands. Outre-Rhin, l’homéopathie est peu remboursée, mais toutes les décisions sont prises en concertation avec les industriels. Ce que l’on aurait pu faire en France, en faisant en sorte, par exemple, qu’informatiquement, la prise en charge par les mutuelles qui le proposent reste facile.

Suite à ce déremboursement, quelle part de chiffre d'affaires a perdu Boiron ?

Après le déremboursement d’un médicament, en général, ses ventes diminuent de 40 à 60%. L’homéopathie a perdu 42%. Pour Boiron c’était 180 millions d'euros de manque à gagner en chiffre d’affaires. Son résultat opérationnel, autour de 80 millions, aurait pu se transformer en une perte du même montant. Mais finalement ça n’a pas été le cas.

Valérie Poinsot, la directrice générale, a pris les devants : l’usine de Montrichard - ancienne usine Dolisos- dans le Loir-et-Cher, a été fermée, avec un plan social. Le prix des tubes de granules a augmenté et ses équipes se sont lancées dans la recherche d’innovations.

Ces nouveaux marchés ont déjà rapporté 50 millions d’euros et permis au groupe de garder la tête hors de l’eau. Abbi, cette start-up dont vous parliez, qui analyse votre peau grâce à un miroir connecté et vous concocte une crème de soin sur mesure, en fait partie. Mais ce n’est pas elle qui rapporte de l’argent.

Qu’est-ce que c’est alors ?

Ce sont les tests Covid. Valérie Poinsot a eu très tôt l’idée de s’allier avec une autre start-up NG Biotech spécialiste des autotests pour les produire en grande quantité. Elle distribue aussi des fabricants asiatiques triés sur le volet.

Au final, la Sécu a peut-être économisé une centaine de millions d’euros en dé-remboursant l’homéopathie, mais, elle a ouvert, avec les tests Covid, un marché qui va lui coûter des milliards d’euros…

Et qu’y a-t-il en une de L’Obs cette semaine ?

“L'hypothèse Mélenchon” sur un beau fond bleu turquoise. Et je vous recommande, en économie, l'enquête de Dominique Nora sur l’engrenage implacable qui, depuis le Covid, fait monter le prix du papier.