40% des infirmiers et sage-femmes vont partir à la retraite
40% des infirmiers et sage-femmes vont partir à la retraite ©Getty - Eric Audras
40% des infirmiers et sage-femmes vont partir à la retraite ©Getty - Eric Audras
40% des infirmiers et sage-femmes vont partir à la retraite ©Getty - Eric Audras
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En septembre, le Premier ministre a saisi le Conseil économique, social et environnemental sur la question des métiers en tension. Le CESE a rendu son avis hier. Est-ce qu’il a la solution pour réduire ces difficultés de recrutement qui touchent une entreprise sur deux ?

Le CESE, je vous le rappelle, regroupe des représentants des syndicats, des organisations patronales et de nombreuses associations. C’est la société civile, le bon endroit pour trouver des solutions, donc.

Mais dans son avis, il nous éclaire surtout sur l’étendue du problème. Ces métiers en tension, Mathilde, on n’a pas fini d’en entendre parler. Pour une raison simple: notre structure démographique. Le rapport comprend un tableau très éclairant : celui des départs à la retraite dans ces professions.

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  • Un tiers des agents d’entretien vont partir d’ici à 2030.

Qu’est ce qu’il faut faire alors ?

Former, mieux orienter les jeunes, mais surtout rendre certains métiers plus attractifs : il y a la question des salaires, mais pas que. Le CESE estime que l’on pourrait développer au niveau de chaque branche les chèques déjeuners, mobilité, logement, garde d’enfants en les exonérant de cotisations sociales. Ils seraient accessibles à un plus grand nombre.

Le CESE insiste aussi sur la nécessité d’apporter des solutions concrètes pour  la garde d’enfants et pourquoi pas revenir aux logements de fonction ce qui ramènerait certaines personnes sur le marché du travail ou dans les villes.

Et puis il faut intéresser les femmes aux métiers trop masculins, les ingénieurs par exemple, et intéresser les hommes aux métiers trop fémininisés, comme les aides à domicile.

Ce n’est pas très nouveau tout ça…

Vous avez raison, d’ailleurs ça a agacé un groupe du CESE Agir autrement, qui regroupe des associations comme Mozaïk RH, la Fondation pour la diversité, France digitale ou France Tiers lieux.

Pour marquer le coup ils ont voté contre l’avis. Patrick Lévy-Weitz, leur porte-parole, estime que pour que le CESE marque les esprits et se montre utile, il aurait fallu que son avis se concentre sur un sujet, celui des jeunes des quartiers par exemple, et faire des propositions pour les amener vers ces métiers qui cherchent des salariés, en développant par exemple l’expérience des Ecoles de production, où l’on apprend en travaillant.

Il faut aussi leur ouvrir de nouveaux réseaux : car pas loin d'une personne sur deux - 41% pour être précise - trouve son poste par réseautage.