Le réseau Instagram basé sur la publication de photos fait des dégâts psychologiques chez les adolescents, et cela en parfaite connaissance de cause
Le réseau Instagram basé sur la publication de photos fait des dégâts psychologiques chez les adolescents, et cela en parfaite connaissance de cause ©Getty - Artur Debat
Le réseau Instagram basé sur la publication de photos fait des dégâts psychologiques chez les adolescents, et cela en parfaite connaissance de cause ©Getty - Artur Debat
Le réseau Instagram basé sur la publication de photos fait des dégâts psychologiques chez les adolescents, et cela en parfaite connaissance de cause ©Getty - Artur Debat
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L'entreprise est face à sa responsabilité sociale envers les jeunes. Le quotidien américain Wall Street Journal a publié une grande enquête sur le réseau social Instagram, filiale de Facebook.

Les journalistes du Wall Street Journal ont eu accès à des documents internes qui montrent combien ce réseau, basé sur la publication de photos et sur la mise en scène de son image, fait des dégâts psychologiques chez les adolescents, et cela en parfaite connaissance de cause. 

On le voit dans des diapositives utilisées par les salariés dans des présentations internes. Elles sont éloquentes. 

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32% des adolescentes (une sur trois donc) disent que lorsqu’elles se sentent mal dans leur corps, Instagram aggrave ce sentiment.

Une autre : "Les adolescents reprochent à Instagram d’augmenter leur anxiété et la dépression". ["La comparaison sociale est pire sur Instagram" que sur les autres réseaux.]

Et dans cinq présentations en dix-huit mois, il est fait état d’"un plongeon de la santé mentale des ados"

Et que fait l’entreprise ? 

Jusqu’à récemment pas grand chose, mais comme Instagram a peur de perdre les jeunes et des revenus, elle a fini par supprimer le filtre "chirurgie esthétique" pour corriger les photos, elle veut introduire des filtres "marrants", et elle se rapproche d’associations pour promouvoir la "résilience émotionnelle".

L’autre réseau social chéri des ados, TikTok, a une ligne téléphonique d’aide pour ses membres qui ont des pensées suicidaires. 

Reconnaissez quand même qu’on marche sur la tête : d’un côté, on met en danger la santé mentale des jeunes pour gagner de l’argent de l’autre, on les aide à s’en sortir.

Ce n’est pas le seul exemple de contradiction au nom du profit. Prenez le géant du tabac Philip Morris : il veut gagner de l’argent en détruisant les poumons puis en les soignant. Il a acheté en août Vectura, une société spécialisée dans les inhalateurs médicaux !

Pareil pour les groupes pétroliers. Total nous dit : "Laissez moi gagner beaucoup d’argent avec le pétrole aujourd’hui, afin que demain, je puisse sauver la planète avec les énergies renouvelables".  

Et que peut-on faire pour réduire ces contradictions ? 

Il y a des collectifs de salariés qui se constituent dans les entreprises pour les changer de l’intérieur. 

On peut aussi confier son épargne à des fonds d’investissement plus attentifs que d’autres à  la responsabilité environnementale et sociale des entreprises. 

Les Etats et l’Europe essaient d’ailleurs de codifier cette responsabilité, pour qu’il y ait une vraie notation de l’attitude des entreprises. Il y a pas mal de boulot…