EDF s'intéresse aux turbines de General Electric à Belfort
EDF s'intéresse aux turbines de General Electric à Belfort ©Maxppp - Mélanie Juvé
EDF s'intéresse aux turbines de General Electric à Belfort ©Maxppp - Mélanie Juvé
EDF s'intéresse aux turbines de General Electric à Belfort ©Maxppp - Mélanie Juvé
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EDF a indiqué hier dans un communiqué avoir engagé des discussions avec General Electric, pour lui racheter au groupe ses activités dans le nucléaire.

C’est un retournement assez surprenant car EDF envisage tout simplement d’acheter la division énergie d’Alstom, celle-là même qui a été vendue à l’américain General Electric à l’automne 2014. La vente avait été conclue sous le haut patronage du ministre de l’économie de l’époque Emmanuel Macron. 

Elle avait déclenché la colère d’Arnaud Montebourg et des syndicats. Bercy disait avoir obtenu de GE la promesse qu’aucun emploi ne serait supprimé et que 1000 emplois seraient créés. 

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Les promesses, on le sait, n’engagent que ceux qui les reçoivent, et GE a finalement supprimé, selon les syndicats, 3000 emplois dans l’ensemble de ses activités en France, dont une centaine dans cette branche à Belfort. 

Si EDF achète cette activité, n’est-ce pas une manière de nationaliser ce qu’on avait vendu à un groupe américain ? 

ça y ressemble bigrement ! Un lanceur d’alerte, un ancien cadre d’Alstom, Frédéric Pierucci se bat depuis des mois pour que cette branche de General elecgtric redevienne française. Son histoire a été racontée dans L’Obs. Il veut ramener dans le giron national, le site de Belfort qui fabrique les turbines Arabelle. 

Ces turbines  forment ce qu’on appelle l’”ilot conventionnel” des centrales nucléaires, c’est-à-dire l’endroit où  la vapeur produite grâce à la chaleur de la réaction nucléaire est transformée en l’électricité. 

Ces turbines équipent les centrales EPR notamment celles de  Flamanville ou de Hinkley Point au Royaume-Uni. Mais pas seulement. Elles équipent aussi sur le futur porte-avion à propulsion nucléaire Charles de Gaulle ou les centrales d’un grand concurrent d’EDF, le russe Rosatom qui,  selon l’Usine nouvelle, a des projets en Turquie, en Bulgarie ou en Egypte

Mais pourquoi GE est-il prêt à céder cette activité ? 

Le magazine L'Usine Nouvelle donne une explication, sur son site, en citant les syndicats: les activités nucléaires « ne génèrent pas de forte rentabilité à court terme”, or c’est “ l'ADN de General Electric”

Mais jusqu’à récemment, EDF se faisait prier. Le groupe ne voulait pas être le seul actionnaire des turbines Arabelle. Il craignait  que Rosatom, son grand concurrent russe, ne lui fasse pas confiance et ne passe plus de commandes. 

Comme par hasard, tout s’est accéléré après le volte-face de l’Australie sur la commande de sous-marins. Elle a préféré les appareils américains à propulsion nucléaire aux appareils français. Depuis, chaque pays, notamment la France, reprend ses positions stratégiques. 

Et qu’y a-t-il à la une de L’Obs ? 

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