L'apprentissage fait baisser le chomage ©Getty - ferrantraite
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Résumé

Boris Manenti s'est plongé dans les chiffres du marché de l'emploi. Et l'apprentissage a visiblement de beaux jours devant lui, mais il y a un "mais".

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En économie, on aime les chiffres ! Aussi, je vais essayer de ne pas vous assommer

Il y a d’abord cette bonne nouvelle : le taux de chômage est retombé à 7,4%, soit le niveau d’avant la crise financière de 2008.

Et, même quand on intègre toutes les personnes en sous-emploi ou dans ce que les statisticiens qualifient de "halo du chômage", les beaux jours sont revenus.

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Toute la question est… pourquoi ?

Comment ça se fait qu’en sortie de crise Covid et qu’en pleine incertitude de la guerre en Ukraine, l’emploi se porte si bien ? L’explication tient en un mot : apprentissage.

Quand on fouille dans les données, on s’aperçoit que cette embellie tient avant tout à l’incitation à embaucher des apprentis, comme c’est prévu dans le plan de relance.

Concrètement, si un employeur signe un jeune de moins de 30 ans en apprentissage, alors il peut toucher jusqu’à 8 000 euros de prime par an. C’est quasi-gratuit ! Résultat : 1 300 000 contrats ont été signés en deux ans.

Dans une analyse détaillée, l’OFCE confirme que cet apprentissage est bien le principal moteur de la baisse du chômage. Grâce à "un niveau de subvention atypique".

Loin de moi, l’idée de critiquer un investissement sur la jeunesse

Toutefois, l’OFCE note que l’apprentissage a été "massivement utilisé" par des jeunes de plus de 20 ans et pour des formations bac+2 ou supérieure. C’est-à-dire ceux qui - en moyenne - n’avaient pas de difficulté à trouver un emploi.

À l'origine, l'apprentissage a été pensé pour les moins de 18 ans, plutôt en décrochage scolaire, ceux qui ont le plus de difficultés à se faire embaucher. Or, eux signent de moins en moins de contrat depuis le début de ce plan.

Combien coûte cette politique ?

La Cour des comptes et l’OFCE la chiffrent au minimum à 4 milliards d’euros. Et la facture devrait encore grimper, parce que le prochain gouvernement devrait perpétuer cette stratégie.

En effet, tous les candidats à la présidentielle, ou presque, plébiscitent l’apprentissage. Dans l’équipe de Macron, c’est vu comme la "pierre angulaire pour faciliter l’emploi des jeunes". À gauche, Jadot et Hidalgo s’inscrivent dans la même ligne. À droite, Pécresse et Le Pen veulent encore plus le développer avec des contrats dès 14 ans. Seul Mélenchon critique ce qu’il qualifie de "nouvelle rente pour l’exploitation des jeunes".

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Boris Manenti
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