Pourquoi les syndicats refusent un départ à 65 ans ?
Pourquoi les syndicats refusent un départ à 65 ans ? ©Getty - Johnny Greig
Pourquoi les syndicats refusent un départ à 65 ans ? ©Getty - Johnny Greig
Pourquoi les syndicats refusent un départ à 65 ans ? ©Getty - Johnny Greig
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Les syndicats doivent se concerter aujourd’hui sur la réforme des retraites. Ils refusent tous un report de l’âge de départ à 65 ans.

En effet c’est le « plus petit dénominateur commun » entre les syndicats. Et cela pourrait déboucher sur un front uni contre le gouvernement.

Car pour les responsables syndicaux, un départ en retraite à 65 ans renforcerait les inégalités entre Français : des inégalités sur leur santé, leur espérance de vie et la durée de leur retraite.

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Qu’en est-il réellement ?

Commençons par la santé : d’après les médecins, 65 ans, c’est un âge charnière, l’âge des premières pathologies lourdes, et l’âge où l’on commence à perdre des proches de la même génération que soi…

Dans le détail, ce tableau sombre est plus contrasté : à 65 ans, certaines personnes sont encore en pleine forme et continuent à travailler, ou deviennent bénévoles à plein temps, ou s’occupent activement de leurs petits-enfants… mais pendant ce temps, d’autres sont déjà en mauvaise santé…

Ces inégalités de santé révèlent aussi des inégalités de richesses

Pour le dire crûment, la pauvreté risque plus de vous faire mourir à 65 ans, que le fait d’avoir de l’hypertension ou du diabète.

Ces disparités se retrouvent sur l’espérance de vie qui est plus longue chez les cadres que chez les employés et les ouvriers…Tout cela donne des Français inégaux face à la retraite.

Par exemple, une étude s’est intéressée aux hommes les moins riches en France. Ceux-là profitent de leur pension pendant 16 ans et demi, contre 20 ans en moyenne pour tous les hommes. Dans ces conditions, devoir attendre deux ou trois ans de plus pour prendre sa retraite, c’est considérable. Sans oublier ceux qui meurent avant même d’avoir atteint la retraite.

Alors certes, plusieurs dispositifs permettent d’atténuer ces inégalités : pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ou pour les métiers jugés pénibles. Mais ces mesures ne concernent pas la totalité des actifs qui s’usent au travail. Ainsi, la CFDT rappelle que la retraite à 65 ans pénaliserait d’abord les salariés qualifiés de la « 2è ligne » pendant le Covid : les caissières, les agents de sécurité, ou encore les logisticiens...

Et que se passe-t-il sur le marché du travail ?

Aujourd’hui, 10 % des actifs travaillent encore à 65 ans. Ce chiffre a augmenté au fil des différentes réformes des retraites. Mais il traduit là encore des inégalités. Car parmi ces travailleurs, beaucoup subissent la situation, en particulier chez les agriculteurs, les employés et les ouvriers.

Et de fait, d’après le service des études des ministères sociaux, seuls 13% des actifs se voient prolonger leur carrière jusqu’à 65 ans. Ils apportent de l’eau au moulin des syndicats.