Chiffres record pour l'apprentissage dans l'artisanat ©Getty - Image Source
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Résumé

L’époque où l’apprentissage était méprisé semble révolue. Il rencontre un succès croissant, et l’artisanat en récolte aussi les fruits.  

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C’est le principal enseignement du baromètre de l’artisanat dévoilé aujourd’hui par la Croix : près de 176 000 apprentis ont été formés en 2020-2021 par des entreprises artisanales dans les métiers d’art et de bouche, ou l’agro-alimentaire… C’est 14% de plus que l’année précédente, et un record depuis 2010, souligne Elia Ducoulombier, qui décrypte cette étude.

Les professionnels y voient le signe que l’artisanat continue à attirer des jeunes, alors que c’est déjà un bastion historique pour le recrutement d’apprentis.

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C’est une bonne nouvelle à plusieurs titres

C’est une bonne nouvelle pour les entreprises qui ont du mal à recruter comme dans le bâtiment, la boucherie-charcuterie ou la coiffure, où les inscriptions en centre de formation ont augmenté sur 2020-2021

C’est aussi une bonne nouvelle pour le pays, car l’apprentissage est une véritable arme « anti-chômage des jeunes », qui favorise l’insertion professionnelle. Dans l’artisanat, un tiers des apprentis sont soit des bacheliers qui ont « décroché » de l’enseignement supérieur, soit des jeunes qui occupaient un poste non qualifié ou qui pointaient au chômage.

La France semble sur la bonne voie pour installer solidement l’apprentissage dans son système éducatif. Tous secteurs confondus, elle a enregistré 733 000 nouveaux apprentis l'année dernière, deux fois plus qu’en 2019, d’après la Dares, le service statistique du ministère du Travail.

La réforme de 2018 a beaucoup joué dans ce succès

L’âge maximal pour signer un contrat d’apprentissage a été porté de 25 à 29 ans, la rémunération des apprentis a été revalorisée et une aide unique de l’État a été mise en place pour les entreprises. A cela s’est ajoutée une aide publique exceptionnelle, dès le début de la crise sanitaire en 2020, pour toute embauche d’un apprenti. Elle a été prolongée jusqu’à la fin décembre.

La fin de cette aide risque-t-elle d'inverser la tendance ?

L’inverser, peut-être pas, mais la freiner, c'est possible.

Plus largement, les professionnels plaident pour sécuriser le financement de ces formations... avec en ligne de mire l’objectif gouvernemental de former un million d’apprentis par an d’ici la fin du quinquennat.

Un autre défi est d’accroître l’impact de l’apprentissage sur l’insertion professionnelle. La hausse du nombre d’apprentis s'observe principalement dans les formations du supérieur. Elle est plus faible dans les cursus qui ne nécessitent pas le bac, comme les CAP et les BEP. Le Sénat a récemment appelé à des efforts particuliers pour développer l’alternance à ces premiers niveaux, qui touchent les jeunes les plus éloignés de l'emploi. Car il en va aussi de l’ascenseur social.