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Résumé

Le sociologue Julien Damon propose une idée étonnante pour lutter contre la pauvreté, en particulier la pauvreté des enfants: soutenir un réseau de conseillers conjugaux pour anticiper et éviter les séparations.

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Un sociologue propose une idée iconoclaste pour lutter contre la pauvreté des enfants.

Ce sociologue s'appelle Julien Damon. Il est chroniqueur aux Échos.

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Il est aussi professeur associé à Sciences po, dirigeant d’une société de conseil, conseiller municipal du village de Chelles dans l’Oise et père de trois enfants. Bref une personnalité très riche. Il a travaillé sur la conciliation vie familiale-vie professionnelle, sur l’hébergement des sans-abri, sur la mendicité des enfants. En règle générale, il cherche des solutions pour faire reculer la pauvreté.

Et à ce sujet, il insiste, comme beaucoup d’associations, sur le lien très direct entre pauvreté et monoparentalité. Les enfants comptés comme pauvres dans les statistiques nationales grandissent le plus souvent avec une mère seule, parfois un père. C’est donc ce problème qu’il faut éviter.

Donc pour faire reculer la pauvreté des enfants, il faut s’occuper de ces familles monoparentales ?

Bien sûr mais ça l’Etat le fait déjà. Julien Damon note même qu’on a en France une sorte de “service public de la séparation”.

Avec une médiation, une agence de recouvrement et d’intermédiation pour s’assurer que les pensions alimentaires sont bien payées. On a aménagé les prestations sociales. Bref l’Etat essaie de réduire les conséquences financières des ruptures.

Mais le sociologue se demande si plutôt que de réparer les dégâts de la séparation, l’Etat ne pourrait pas aussi intervenir plus en amont, en essayant de réduire le nombre de divorces. Il propose de soutenir les couples avant qu’ils ne divorcent pour essayer, quand c’est possible, de sauver les familles.

Pardon, mais c’est très intrusif ! Est-ce que c’est bien le rôle de l’Etat de se mêler de notre vie privée, de la vie des couples ?

Bien sûr que non. Il ne s’agit pas de forcer les époux, les pacsés, les parents à rester ensemble contre leur gré. Mais tout le monde devrait pouvoir avoir accès aux services d’un conseiller conjugal. L’Etat pourrait soutenir cette fonction.

Pour lui, il n’y a rien de moral là dedans: juste une rationalité économique. Plus il y a de familles monoparentales, plus on a besoin de logements, donc plus les loyers sont chers et plus il faut de soutien financier. Ce serait donc une bonne gestion des deniers publics d’aider les couples.

Le sociologue note même que les pouvoirs publics pourraient aller plus loin, par exemple en facilitant les rencontres, les familles recomposées, pour laisser le moins de personnes seules. Et en fait ca existe déjà : au Japon et à Singapour. Certaines collectivités territoriales japonaises organisent des rencontres pour célibataires. Je vous laisse réfléchir à cette proposition iconoclaste de Julien Damon. Autant vous dire qu’elle ne fait vraiment pas l’unanimité sur les réseaux sociaux.

Références

L'équipe

Sophie Fay
Production