L'argent est le plus grand tabou dans un couple

L'argent tabou
L'argent tabou ©Getty - twomeows
L'argent tabou ©Getty - twomeows
L'argent tabou ©Getty - twomeows
Publicité

L'adage veut qu' "en amour, on ne compte pas". Mais il devrait plutôt constater "en couple, on ne parle pas finances". En effet, 40% des Français n'en parlent jamais avec leur partenaire - c'est encore plus tabou que le sexe !

Sauf que l'argent imprègne bien toute la vie conjugale. Il ronge ceux qui en manquent, et déchire ceux qui en ont. Et, au moment de la séparation, l'expression "régler ses comptes" prend tout son sens.

Avec ce constat : au sein des couples, les schémas à l'ancienne perdurent trop souvent. Monsieur s'occupe des dépenses lourdes (l'immobilier, la voiture, les vacances), tandis que Madame reste cantonnée au quotidien (les courses, les enfants). Le problème, c'est que cette mécanique lèse surtout les femmes.

Publicité

Dans l'intimité du couple, les femmes sont financièrement perdantes.

C'est ce qu'explique la journaliste Lucile Quillet dans son livre Le Prix à payer.

A partir de calculs, elle démontre que même quand les couples optent pour une répartition précise à 50/50 des dépenses, cela désavantage les femmes. Parce qu'il y a alors un effet d'entraînement : le plus haut salaire - et c'est plus souvent l'homme - impose ses envies, et donne le LA sur le niveau de vie du couple.

De plus, comme homme et femme ne sont pas égaux sur le revenu et la carrière, alors une égalité à la maison peut revenir à plomber les femmes.

Quelle serait alors la solution ?

Dans une tribune à L'Obs, Gaspard Koenig, l'essayiste et candidat à la présidentielle, pointe la "solidarité conjugale" comme clé de voûte de cette problématique. En France, un couple marié ou pacsé est censé mutualiser ses revenus pour partager ses dépenses.

C'est cette notion qui est utilisée pour ajuster l'allocation adulte handicapée en fonction des revenus du conjoint.

On mesure aussi cette logique avec l'impôt à la source : il est possible de choisir entre :

  • soit deux taux différents en fonction du salaire de chacun,
  • soit une moyenne qui s'applique aux deux.

Aussi, Gaspard Koenig appelle à supprimer cette solidarité entre époux, pour "émanciper les individus" qui pourraient bénéficier de leurs droits et payer leurs impôts uniquement au regard de leur situation.

En attendant un changement de loi, je vous soumets aussi l'organisation au prorata de Cécile et Pablo. Ce jeune couple, qui vit à Angers, raconte à L'Obs comment, tous les mois, chacun met 38% de son salaire sur le compte joint pour les dépenses communes. Et si l'un d'eux a une augmentation, il ajuste son versement. En cinq ans de relation, ils n'ont pas eu une seule dispute à propos d'argent.

L'équipe