Les "invisibles", ces travailleurs à qui il faut redonner espoir

Les invisibles, ces salariés à qui il faut donner espoir
Les invisibles, ces salariés à qui il faut donner espoir ©Getty - PhotoAlto/James Hardy
Les invisibles, ces salariés à qui il faut donner espoir ©Getty - PhotoAlto/James Hardy
Les invisibles, ces salariés à qui il faut donner espoir ©Getty - PhotoAlto/James Hardy
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La pandémie de Covid nous a ouvert les yeux sur l’importance de certaines professions. Sans livreurs, transporteurs, aides à domicile, agents d’entretien, aides-soignants, caristes, caissières… notre société ne peut pas fonctionner. Et pourtant, ils se sentent toujours “invisibles”.

C’est le constat qu’a fait la Fondation Travailler Autrement au terme d’une vaste enquête menée avec le cabinet Occurence. Cette Fondation a été créée à l’initiative d’un consultant en ressources humaines, Patrick Levy-Waitz, qui y a associé des syndicats et des organisations comme les Chambres de commerce… Son but, c’est de réfléchir à l’avenir du travail et de faire émerger du consensus.

Elle a donc voulu comprendre qui sont et ce que pensent les “travailleurs de deuxième ligne”, ceux qui n’ont jamais pu arrêter leur activité pendant les confinements et qui ne sont pas concernés par le télétravail.

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Et c’est une démarche essentielle car on sait que d’ici 2030, les quatre métiers qui auront le plus fort besoin de recrutement et pas assez de candidats, sont

  • les agents d’entretien,
  • les aides à domiciles
  • les conducteurs de véhicules
  • les ouvriers chargés de la manutention.

C’est archi documenté par le ministère du travail.

Et qu’est-ce-qui ressort de cette enquête ?

Un chiffre d’abord: ces travailleurs “invisibles”, qui ne se sentent pas reconnus par la société, seraient 13 millions en France. 13 millions de gens pas appréciés à juste titre pour leur boulot, c’est beaucoup.

40% d’entre eux ne trouvent pas de sens à leur travail quotidien et pas d’opportunité d’apprendre. 61% - bien plus d’un sur deux - estiment n’avoir aucune perspective de progression professionnelle.

Ces “invisibles” sont plus souvent salariés de petites entreprises ou indépendants, ils n’ont donc pas les avantages des grandes groupes. Et ils ont clairement un problème de pouvoir d'achat, que les aides ne peuvent pas résoudre puisqu'une majorité ne connaît pas ou mal ses droits.

Quelles leçons tire-t-on de tout cela ?

  • La Fondation Travailler Autrement estime qu’il est urgent de réunir tous les employeurs de ces “invisibles” pour améliorer les pratiques et l’image. Il faut peut-être aussi parler aux donneurs d’ordre, les grands groupes qui achètent les prestations de transport, d’entretien ou d’interim, car ces métiers sont souvent “externalisés”.
  • On voit aussi que le temps de transport est une épreuve infernale et génère une "dette de sommeil". Ce qui pose la question essentielle du logement, dont on ne parle pas ou peu dans cette campagne.
  • Enfin troisièmement, on voit qu’on se sent bien mieux reconnu dans son travail lorsqu’on touche plus de salaire et moins d’aides, surtout lorsqu’on les connaît mal (allocations, prime d’activité). Autre débat passionnant et lui aussi absent de la campagne.

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