Exotec, la première "licorne" industrielle française
Exotec, la première "licorne" industrielle française ©Getty - imaginima
Exotec, la première "licorne" industrielle française ©Getty - imaginima
Exotec, la première "licorne" industrielle française ©Getty - imaginima
Publicité

Ce matin, on apprend la naissance d’une nouvelle licorne française. C’est la vingt-cinquième. Cette société s’appelle Exotec. Et elle est un peu spéciale : c'est le première licorne industrielle française.

Une licorne c’est une jeune société, une start up, qui vaut plus d’un milliard d’euros. Et la spécificité d’Exotec, créée en 2015, est d’être une entreprise industrielle et pas une société de logiciel, de services ou de e-commerce comme toutes les autres licornes.

Elle a donc un vrai site de production. Il est situé à Croix entre Lille et Roubaix. Exotec y fabrique des robots, qui assurent la logistique dans les entrepôts.

Publicité

En 2017, Exotec a signé un contrat avec C-Discount, la filiale bordelaise de Casino, qui a vraiment lancé l’aventure. Depuis il y en a eu beaucoup d’autres. Monoprix, mais aussi Carrefour. Ou Decathlon, qui a même emmené l’entreprise au Québec, Gap, qui lui a fait mettre un pied au Etats-Unis,  Uniqlo, qui l’a propulsée au Japon.

C’est bien simple, Exotec double son chiffre d’affaires tous les ans. Ce sera 200 millions d’euros en 2022.

Et ils ressemblent à quoi ses robots ?

Les Skypods sont des petits carrés, 80 cm par 80, qui roulent, attrapent et soulèvent des caisses pour amener les articles jusqu’au préparateur de commandes. Les robots grimpent le long de tours de stockage, jusqu’à 12 mètres de haut pour attraper les caisses. ça permet d’entreposer en hauteur et d’avoir moins d’emprise au sol.

Exotec, c’est autant de la robotique que du logiciel. Son système a un avantage sur ses concurrents allemand ou japonais. Il est très évolutif, il peut s’adapter à l’activité de l’entrepôt: drive, livraison rapide. Chez Leclerc, par exemple, le système a déjà été modifié quatre fois.

Comment devient-on une licorne concrètement ?

Et bien quand des investisseurs entrent à votre capital sur la base d’une valorisation qui dépasse le milliard. C’est ce qu’ont fait la banque américaine Goldman Sachs et notre banque nationale la BPI en apportant 335 millions à Exotec. Cet argent va lui permettre de passer de 350 à 700 salariés cette année.

Exotec, qui fabrique tout en France, a besoin de bras et de têtes bien faites. “Il faut du génie pour développer un robot qui aille encore plus vite pour récupérer les colis”. C’est ce qu’explique Romain Moulin, l’un des deux fondateurs. Il a 40 ans. Son associé, Renaud Heitz, en a 36. Ils sont tous les deux ingénieurs. Ils ont débuté dans une société de 80 personnes à Rennes, BA Systèmes, qui fabrique des chariots automatiques, avant d’aller chez General Electric, une multinationale.

C’est sans doute cette double expérience qui leur a permis de construire si vite cette réussite industrielle. La priorité de BPI et du gouvernement aujourd’hui, c’est qu’il y ait beaucoup d’autres Exotec pour réindustrialiser le pays et redresser sa balance commerciale.

https://youtu.be/Lr-SlRRK5Ks