Capgemini face à la "grande démission"

Siège espagnol de Cap Gemini
Siège espagnol de Cap Gemini ©Getty - Cristina Arias
Siège espagnol de Cap Gemini ©Getty - Cristina Arias
Siège espagnol de Cap Gemini ©Getty - Cristina Arias
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La semaine dernière, le groupe Capgemini a annoncé d’excellents résultats. Et pourtant, il a passé une semaine plutôt chahutée en bourse. En un an, le groupe a perdu 23,5% de son effectif. Explications.

En bourse et sur les réseaux sociaux et c’est cela qui m’amène à vous en parler ce matin. Alors commençons tout de même par la bonne nouvelle : lundi dernier, Capgemini a annoncé un bénéfice record, en hausse de 21%. Tout augmente : son chiffre d’affaires (18 milliards d’euros), sa marge.

Capgemini est une société de services informatiques ou plutôt de services numériques

Elle emploie 325 000 personnes dans le monde. C’est la société qui recrute chaque année le plus grand nombre d’ingénieurs en France, pour aider les entreprises et les administrations à construire leurs grands systèmes informatiques.

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C’est une de ces sociétés de conseil dont les Etats - y compris l’Etat français - et les grands groupes ne peuvent plus se passer.

Tout augmente : son chiffre d’affaires (18 milliards d’euros), et sa marge…

Et qu’est ce qui ne va pas ?

Il y a bien sûr l’enquête de deux journalistes de L’Obs, qui ont publié un livre “Les infiltrés”, dans lequel ils dénoncent l’entrisme de ces sociétés de conseil dans nos ministères. ça fait beaucoup de bruit médiatique.

Mais le vrai problème est ailleurs : c’est un chiffre que Capgemini a révélé lui-même lors de la publication de ses comptes. L’an dernier, il a perdu un quart de ses consultants. Un record.

Le groupe a beaucoup recruté pour les remplacer mais un tiers de l'effectif a désormais moins d’un an d’ancienneté.

Et c’est ça qui a lancé un grand débat sur Twitter ou LinkedIn.

Ces très grosses machines de services informatiques - Cap Gemini, Accenture, Atos, Infosys - ont-elles encore un avenir ?

Alors il y a ceux qui balaient la polémique d’un revers de main et qui font remarquer que mars 2020, l’action a monté de 166%. C’est donc bien qu’elle a un avenir !

Et puis il y a les autres qui disent que le groupe est frappé par le phénomène de “grande démission” que l’on voit un peu partout dans le monde depuis la pandémie : les jeunes, et les salariés en général, veulent des métiers qui ont du sens.

Ils ne veulent plus être des salariés que l’on facture en “homme/jour” à des clients, en passant d’un projet à l’autre sans vraiment voir le résultat de leurs actions. En Inde, gros réservoir de main d'œuvre pour Capgemini, les jeunes veulent créer leur start-up. Certains informaticiens se “vendent” aussi au plus offrant. Or avec le télétravail, la concurrence est mondiale.

Très actifs sur les réseaux sociaux, les dirigeants de Capgemini font savoir que leur organisation bouge, pour être plus agile. Et qu’en France, la société verse 3,25€ par jour de télétravail à ses salariés pour participer aux factures. Elle les équipe correctement à domicile : bureau, écran, chaise. Mais est-ce bien là le problème ? Et la France, ce n’est finalement que 37 000 personnes.

Histoires économiques
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