Depuis deux ans, les entreprises peuvent proposer un forfait mobilité ©Getty - Nitat Termmee
Depuis deux ans, les entreprises peuvent proposer un forfait mobilité ©Getty - Nitat Termmee
Depuis deux ans, les entreprises peuvent proposer un forfait mobilité ©Getty - Nitat Termmee
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Résumé

Depuis deux ans, les entreprises peuvent proposer ce que la loi appelle un « forfait mobilité durable ». Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est normal. Parce qu’une minorité de sociétés l’ont mis en place

avec :

Boris Manenti (Journaliste à l'Obs).

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On le sait grâce à une étude du député écolo Matthieu Orphelin et de son équipe, qui ont interrogé les 43 plus grosses entreprises françaises. Résultat : seules 17 d’entre elles proposent effectivement un défraiement. C’est bien timide.

Concrètement, à combien peuvent prétendre les salariés ?

Hélas, c’est là le défaut de ce dispositif. Il n’a pas été pensé de façon aussi simple que la prise en charge de la moitié de l’abonnement métro ou bus, ou que les frais kilométriques pour la voiture.

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Là, tout est laissé à la discrétion de l’entreprise, qui se met d’accord avec les représentants du personnel. Du coup, les primes sont très variables. Elles vont de 100 à 500 euros par an, parfois uniquement pour les cyclistes, parfois pour tous les transports écolo.

Par exemple chez Accor, vanté comme le meilleur du CAC 40 par Orphelin, tous les salariés à vélo, à trottinette ou en covoiturage touchent 451 euros par an, et peuvent en plus bénéficier d’un vélo de fonction.

On peut aussi citer Safran, qui rembourse en fonction du parcours, à raison de 28 centimes pour chaque kilomètre parcouru à vélo. Ou encore L’Oréal qui donne un bonus de 50 euros pour s’acheter un casque.

Ça, c’est pour les bons élèves, mais il y en a aussi beaucoup qui boudent cette initiative

Et la liste des Lanternes rouges est bien plus longue. On a par exemple Danone qui dit « préférer les mesures pour le pouvoir d’achat des salariés » plutôt que de rembourser ces frais. Ou Thalès qui justifie ne pas l’avoir fait, tout simplement parce que « ce n’est pas obligatoire ».

Plus largement, chez les entreprises fâchées avec ce « forfait mobilité durable », on remarque qu’il y a tous les géants du transport routier, les Renault, Stellantis et Michelin.

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Eux affirment que le dispositif est difficile à mettre en place pour les employés en zone rurale, là où il n’y a pas toujours de piste cyclable**. Ce à quoi on a envie de répondre que le remboursement peut aussi servir au covoiturage…**

Matthieu Orphelin espère que son étude incitera toutes les entreprises à se saisir du dispositif, pour changer les habitudes de transport. En effet, trois quarts des Français vont toujours au travail en voiture, alors même qu’il s’agit en majorité de trajets de moins de 20 minutes à vélo.

Aussi, le député appelle le gouvernement à imposer ce remboursement. Comme ça, plus d’excuse