Face au réchauffement climatique, la CFDT accepte le nucléaire ©Getty - Jean-Marie HOSATTE
Face au réchauffement climatique, la CFDT accepte le nucléaire ©Getty - Jean-Marie HOSATTE
Face au réchauffement climatique, la CFDT accepte le nucléaire ©Getty - Jean-Marie HOSATTE
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Résumé

La CFDT recommande la construction de 8 à 10 EPR en conclusion d'un vaste travail de réflexion qui vient d'être transmis au ministère de la transition énergétique.

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La CFDT rend publique aujourd’hui  son scenario pour la transition écologique d’ici à 2050

Elle a cherché à définir comment répartir les efforts de la manière la plus juste pour réduire autant que nécessaire nos émissions de carbone. Alors qu’est ce que ça donne ?

Premièrement, c’est très intéressant qu’un syndicat fasse cet exercice. Surtout c’est un exploit d’avoir fait converger toutes les sensibilités de CFDT sur une position commune, qui ne soit pas de l’eau tiède.

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Et c’est ce qu’a réussi à faire un groupe de travail interne [qui a présenté il y a quelques jours sa proposition pour une programmation pluriannuelle de l’énergie au ministère de la transition écologique].

Alors fin du suspense: la CFDT recommande évidemment d’investir massivement dans les énergies renouvelables, mais elle se prononce aussi pour la prolongation de la durée de vie  des centrales nucléaires et surtout pour la construction de huit à dix EPR.

Et il y a vraiment consensus sur ce point dans l’organisation ?

Le petit groupe qui a piloté l’exercice comprenait plusieurs salariés d’entreprises de la filière nucléaire, donc pas hostiles à ce type d’énergie, mais ils ont dû convaincre les autres fédérations, comme celle de l’éducation ou celle de la santé.

Leur premier argument a été la défense de l’industrie. Si on veut qu’elle reste en France, il faut une production d’électricité régulière, donc il faut avoir, à côté de l’éolien et du solaire, ce qu’ils appellent une “base pilotable” de 30 à 35% des besoins, toujours disponible. C’est à cela que sert le nucléaire.

Pour s’en passer, il faudrait beaucoup trop de batteries pour que ce soit écolo. C’est le deuxième argument. Le troisième, c’est la lutte contre la précarité énergétique. Or on voit bien que l’envolée du prix de l’électricité peut devenir structurelle, surtout si l’Europe décide de casser sa dépendance au gaz russe.

Ca c’est pour la production d’énergie et côté économies que recommande la CFDT ?

Elle a une position assez étonnante: pour elle, il faut s’attaquer en priorité aux émissions du transport et à la rénovation des bâtiments. En exigeant des réductions drastiques de l’ordre de 70% de la consommation d’énergie sur les constructions d'ici à 2030. Et puis on passe à la marche, au vélo, aux transports en commun propres, au co voiturage. De toute façon vu le prix de l’essence,  au plus haut avec la guerre en Ukraine, on y est fortement incité.

En revanche, elle préconise d'ici à 2030 de ne pas mettre de pression supplémentaire sur l’industrie, jugée “fragile”.

Références

L'équipe

Sophie Fay
Production