L'accord Stellantis-Foxconn, le début d'une révolution ? ©Getty -  SOPA Images
L'accord Stellantis-Foxconn, le début d'une révolution ? ©Getty - SOPA Images
L'accord Stellantis-Foxconn, le début d'une révolution ? ©Getty - SOPA Images
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Résumé

Stellantis, le groupe automobile né de la fusion de PSA avec Fiat-Chrysler, a annoncé hier la signature d’un accord avec Foxconn pour faire des tableaux de bord avec écrans géants pour la voiture électrique connectée. Mais qui est ce géant taïwanais que le grand public ne connait pas ou peu ?

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Foxconn, c’est le géant qu’on ne voit pas. Mais si vous avez un Iphone, un téléphone Samsung ou Huawei, une console Nintendo, un ordinateur Dell ou Lenovo, il est probable qu’il contienne des composants fabriqués dans une usine Foxconn et surtout qu’il ait été assemblé dans cette usine, en Chine Populaire, avant d’être expédié vers le reste du monde.

Foxconn n’est pas une entreprise de Chine Populaire. C’est une entreprise de Taiwan, cette île un peu plus à l’est où s’était réfugié le gouvernement du Kuomintang quand Mao est arrivé au pouvoir en 1949. Taïwan n’a jamais été communiste.

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Elle abrite d’incroyables entrepreneurs. Lorsque la Chine Populaire s’est ouverte à la fin des années 80, ils sont venus y construire d’immenses usines, pour profiter de la main d'œuvre bon marché. Aujourd’hui Foxconn, c’est taïwanais, mais c'est le plus gros chiffre d’affaires à l’exportation de la Chine populaire, la Chine continentale.

Des voitures ? 

Foxconn ne s’intéresse à la voiture que depuis l’an dernier. En revanche, il a toujours cherché à améliorer sa productivité. J’ai eu l’occasion de rencontrer son fondateur, Terry Gou, en 2013 en Chine : il travaillait déjà avec le patron de Dassault Systèmes pour modéliser la robotisation de ses usines.

Or plus elles sont automatisées, plus Foxconn doit chercher des diversifications pour occuper ses salariés : il en a 1,3 million quand même.

C’est la voiture électrique qui change tout. Elle devient un énorme objet électronique. Foxconn pense donc qu’il peut devenir une plateforme pour les constructeurs automobiles comme il l’est pour ceux de téléphones portables: ils trouvent chez lui toutes les pièces possibles et Foxconn les assemble selon le plan et le design de chaque constructeur.

MIH, sa plateforme auto accueille déjà des équipementiers automobiles, des marques comme Fiat Chrysler ou le chinois Geely, maison-mère de Volvo. Foxconn espère que la difficulté des constructeurs à gérer la pénurie de semi-conducteurs démontrera la valeur de son modèle.

On n’en est qu’au début. Mais le Financial Times, le quotidien britannique des affaires, y voit le début d’un rapprochement entre deux industries: celle de l’auto avec ses 14 millions de travailleurs et celle de l’électronique avec ses 18 millions. 

On ne sait pas s’il faut s’en réjouir ou s’en inquiéter, mais Stellantis veut être aux premières loges

Références

L'équipe

Sophie Fay
Production