Les salariés d'Essilor ont l'impression de ne plus être entendus depuis le "mariage entre égaux" avec Luxottica, qui a pris le dessus. ©Maxppp - Alexandre MARCHI
Les salariés d'Essilor ont l'impression de ne plus être entendus depuis le "mariage entre égaux" avec Luxottica, qui a pris le dessus. ©Maxppp - Alexandre MARCHI
Les salariés d'Essilor ont l'impression de ne plus être entendus depuis le "mariage entre égaux" avec Luxottica, qui a pris le dessus. ©Maxppp - Alexandre MARCHI
Publicité
Résumé

Les salariés ont l'impression de ne plus être entendus depuis le "mariage entre égaux" avec Luxottica, qui a pris le dessus. Le siège va être transféré de Charenton à Milan, plusieurs sites français seront regroupés. Le directeur général italien sera confirmé vendredi.

En savoir plus

Ils sont inquiets car ils sentent qu’ils sont en train de perdre leur Essilor, la société qu’ils ont bien connue. Il y a quatre ans, sans prévenir les syndicats, les dirigeants du groupe français ont annoncé des fiançailles avec la société italienne Luxottica, un autre géant mondial de l’optique.

Essilor fait les verres, notamment les fameux Varilux. Luxottica fait plutôt les montures, notamment ces montures chics et chères fabriquées dans l’arrière pays de Venise, les montures Chanel et Prada par exemple ou les indémodables Ray Ban.

Publicité

Ils se sont effectivement mariés pour former un groupe de 140 000 salariés, qui vend 16 milliards d’euros de lunettes et de verres tous les ans, dans le monde entier, dont la moitié aux Etats-Unis. Essilor Luxottica était présenté comme un mariage entre égaux.

L'imprévu

Au moment des fiançailles les Français s’étaient dit: la famille du fondateur de Luxottica sera le premier actionnaire, de loin avec 32% du capital,  mais nous dirigerons le groupe. Et le siège sera en France à Charenton-le-Pont, près de Paris.

Sauf que Leonardo del Vecchio, deuxième fortune d'Italie, qui a créé l’entreprise en 1961, n’a jamais eu envie de lâcher le manche. Encore moins aujourd’hui, même s’il a 85 ans. Chez nos voisins, c’est la fleur de l’âge. 

Le président et premier actionnaire du groupe veut aussi ramener le siège à Milan, finalement. Et plusieurs sites (Antony, Vaulx-en-Velin, Le Mans, Châlons-en-Champagne, Toulouse) vont fermer en France pour être rassemblés en un seul en région parisienne. Les salariés, eux, n’ont pas tous envie de suivre le mouvement et ils auraient aimé être mieux associés aux décisions.

Essilor, un groupe à la culture pourtant très sociale

3 min

C’était en effet. C’était même à ses tout débuts une coopérative. La structure juridique n’a pas résisté à la croissance, mais il en est resté un fort actionnariat salarié, régulièrement consulté.

Aujourd’hui, les employés français se vivent plutôt comme des pions, ils regrettent l’absence de dialogue social et l'absorption par le groupe italien. D’où l’appel à la grève, pour attirer l’attention des autres actionnaires, qui doivent se réunir en assemblée générale ce vendredi 21 mai. Et devinez ce qu’ils vont faire ? Nommer à la direction générale le bras droit du fondateur. Un Italien, bien sûr.

Une histoire racontée en détail par Boris Manenti sur le site internet de L’Obs

Références

L'équipe

Sophie Fay
Production