L'agroforesterie ©Getty - Stefan Sauer/picture alliance
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Résumé

Le plus prestigieux des grands crus de Saint-Emilion, Chateau Cheval Blanc, se met à l’agro foresterie. C’est un changement majeur et sans doute le signe précurseur d’une nouvelle tendance dans le monde de la viticulture.

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Ce qui frappe, c’est l’ampleur du projet mené par le directeur technique Pierre-Olivier Clouet. Il n’a que 41 ans mais une force de conviction incroyable. Et surtout le soutien des propriétaires - LVMH et la famille Frère - qui mettent les moyens, pour aller vite. 

Il transforme le paysage de la vigne, en réintroduisant des haies, des arbres et surtout des plantes sous les ceps - du lin, du blé, du trèfle... Il y a aussi une quarantaine de brebis, 200 poulardes et des ruches mobiles. 

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On ne laboure plus, on n’utilise plus d’engrais. L’idée c’est de développer une protection naturelle par la biodiversité. Et le couvert formé par les plantes doit protéger les sols contre l’assèchement, la montée des températures et l’érosion, de plus en plus redoutés avec le réchauffement climatique et ses épisodes orageux violents. 

Quel est l’avantage de l’agro-foresterie par rapport à la culture bio ? 

Le domaine garde sa liberté et évite l’utilisation, comme pesticide naturel, de produits à base de cuivre. Il tente une autre approche, tout en rappelant qu’il n’a jamais jamais utilisé de glyphosate, d’herbicide ou d’insecticide.

Jusqu’à maintenant, cette évolution se voyait peu. Mais cette année, 3000 arbres ont été plantés à Cheval Blanc et on commence à les remarquer. Le Château doit donc fournir quelques explications. Et il a envie de le faire. 

Il travaille avec des équipes scientifiques pour évaluer son approche très en détail. L’un des experts est d’ailleurs bien connu à France Inter: c’est Marc-André Selosse, du Museum d’Histoire naturelle, chroniqueur de la Terre au Carré. Et l’espoir, c’est que ce travail soit un jour enseigné dans les lycées agricoles où l’envie d’une agriculture plus écolo est très forte. 

Chateau-Cheval-Blanc est le seul domaine à tenter l’expérience ? 

Aussi systématiquement peut-être. Mais Marc-André Selosse travaille aussi avec le champagne Roederer. Chateau Quinault L’Enclos, un autre vin du groupe LVMH, plus abordable mais géré par la même équipe, est encore plus avancé dans l’agroécologie. 

On peut aussi citer les domaines Emile Grelier, en Gironde, ou Marcel Deiss, en Alsace, plus accessibles. Cheval Blanc innove, mais ce n’est pas pour toutes les bourses. Il a donné le coup d’envoi de la saison des primeurs le 11 mai avec une bouteille vendue aux négociants à 315 euros, qui vaut déjà plus de 450 euros un mois plus tard. 

Références

L'équipe

Sophie Fay
Production