Les bénéfices titanesques de google ©Getty - Toby Scott/SOPA Images/LightRocket
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Résumé

On répète que cette crise creuse les inégalités. On en a encore eu une démonstration magistrale hier avec les résultats d’Alphabet, la maison-mère de Google, qui explosent tous les records, et ne laissent que des miettes du marché publicitaires aux autres media.

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Le géant californien a publié hier ses résultats pour le premier trimestre de cette année. Ils sont “titanesques”, selon le mot de l’analyste Peter Moorhead. Ils ont triplé. Et on ne parle pas d’un petit montant, mais de 18 milliards de dollars, c’est-à-dire de 15 milliards d’euros. En trois mois, il a gagné trois fois plus que LVMLH en un an. 

Alors d’où provient cet argent ? Des activités publicitaires essentiellement, à savoir,

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  • les pubs qui sortent quand nous utilisons le moteur de recherche Google, Gmail ou Google Maps. +30%
  • et celles qui viennent avec les vidéos Youtube, en hausse de 50% à 5 milliards d’euros. 

En revanche,  la vente d’espace de stockage et de capacité de traitement dans le cloud n’est pas encore rentable. Avec 7% de part de marché, Google est encore loin derrière Amazon (31%) ou Microsoft (20%), mais ses revenus progressent tout de même de 30%.

Comment explique-t-on ce bond de la publicité en ligne alors qu’elle est en chute dans les medias traditionnels ? 

Souhaitons qu'elle reprenne chez eux aussi. Mais clairement notre mode de vie confiné convient au modèle de Google. Pourtant, au début de la pandémie, ça n’était pas si évident. Car une grande partie des recettes publicitaires viennent des recherches liées aux voyages. Google considère d’ailleurs Tripadvisor et Expedia ou Booking comme des grands concurrents. Dans un premier temps, Google a donc souffert. 

Mais il s’est bien rattrapé. Ok nous regardons moins les voyages, mais nous faisons nos courses en ligne. Aux Etats-Unis, beaucoup de consommateurs utilisent Amazon comme moteur de recherche, mais en Europe, c’est moins le cas. D’autant que nous cherchons de plus en plus de commerces locaux ou de marques de niche. 

Et puis les marques annoncent de plus en plus sur Youtube. Puisque nous ne faisons pas de shopping, c’est un moyen de capter notre attention. Surtout que nous utilisons de plus en plus Youtube comme outil pédagogique. Selon un sondage Ipsos, cité par Sundar Pichai, le patron d’Alphabet, plus des trois-quarts des internautes disent avoir utilisé un tuto ou une vidéo Youtube pour se former.  

Est-ce que Google ne profite pas tout simplement de sa position dominante ? 

C’est évidemment tout de suite à cela que l’on pense quand on voit ces résultats. Google a 29% de part de marché sur les recettes publicitaires, selon le cabinet eMarketer, juste devant Facebook.  

Si on ajoute Amazon, cela ne laisse qu’un tiers du marché pour tous les autres… ça ressemble bien à un duopole… La Commission européenne et le Congrès américain en ont d’ailleurs bien conscience. 

Références

L'équipe

Sophie Fay
Production