Reforme des retraites : un débat présidentiel ?  ©Getty - Olga Shumytskaya
Reforme des retraites : un débat présidentiel ? ©Getty - Olga Shumytskaya
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Résumé

Le Conseil d’orientation des retraites rendra demain son rapport annuel. On en connaît déjà le contenu : le déficit s’est creusé à cause du Covid-19, mais pas autant qu’on le redoutait. Alors faut-il vraiment remettre sur la table une réforme des retraites ?

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Eh bien ça dépend

Le ministre de l’économie Bruno Le Maire en est convaincu. Car c’est le seul moyen de réduire les déficits durablement sans augmenter les impôts et d’assurer un bon revenu aux retraités de demain. 

Mais il n’y a pas forcément d’urgence à agir. Le Conseil d’Orientation des retraites constate que le système de retraite est passé de l’équilibre, en 2019, à un déficit de 13 milliards d’euros en 2020. C’est beaucoup, mais c’est moins que les 24 milliards annoncés il y a sept mois. Et ce déficit diminuera encore cette année. 

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Surtout à l’avenir, le COR estime que les dépenses de retraite seront un peu moins élevées que prévu pour deux raisons : la surmortalité liée au Covid et l’espérance de vie après 65 ans, qui cesse d’augmenter et diminue même, en particulier pour les femmes.

Pourquoi Emmanuel Macron parle-t-il de repousser l’âge de départ à la retraite dans ce cas ? 

Il veut réformer jusqu’au dernier quart d’heure. Il veut aussi que la France montre qu’elle redresse ses finances publiques, au moment où elle en prendra la présidence de l’Union européenne, début 2022, avec l’ambition de revoir les règles de Maastricht.

Mais même si elle ne le dit pas trop fort, Elisabeth Borne, la ministre du travail, est plus prudente, car elle a retenu la leçon:  on ne réforme pas contre les syndicats. Or eux ne veulent pas repartir dans ce débat. 

Pas plus que l’Association nationale des DRH: ces derniers demandent à souffler après une année difficile, une année où justement, beaucoup d’entreprises ont réduit les effectifs en faisant partir les seniors, les plus de 58 ans, y compris des entreprises avec l’Etat comme actionnaire, omme ADP ou Orange. 

Si on recule l’âge de la retraite, c’est une économie à venir, pas pour tout de suite… 

C’est toujours plus facile de programmer des économies pour demain... que des économies immédiates. D’ailleurs, il n’y en a pas eu beaucoup sous ce quinquennat malgré les promesses et les diverses commissions. 

Mais pour l’instant, où est l’urgence ? Il faut plutôt concentrer toutes les forces sur la reprise de la croissance et l’amélioration du taux d’emploi, c’est-à-dire du nombre de Français qui ont un travail, y compris parmi les seniors. 

La réforme des retraites peut être discutée pendant la campagne présidentielle. C’est d’ailleurs ce que plaide Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, dans Les Echos ce matin. 

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L'équipe

Sophie Fay
Production