Alors que les résultats sont en baisse, les dividendes sont en hausse. Ici ancienne bourse de Paris
Alors que les résultats sont en baisse, les dividendes sont en hausse. Ici ancienne bourse de Paris
Alors que les résultats sont en baisse, les dividendes sont en hausse. Ici ancienne bourse de Paris ©AFP - Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas
Alors que les résultats sont en baisse, les dividendes sont en hausse. Ici ancienne bourse de Paris ©AFP - Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas
Alors que les résultats sont en baisse, les dividendes sont en hausse. Ici ancienne bourse de Paris ©AFP - Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas
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Résumé

L’Observatoire des multinationales - qui fait un travail de veille assez critique sur le CAC 40 - publie une étude sur les dividendes qui devraient être versés aux actionnaires cette année. Ils repartent à la hausse alors même que les bénéfices baissent fortement.

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Le capitalisme défie les lois de la gravité et du bon sens ! La croissance a été en chute libre l’an dernier. L’Etat a dû dépenser des centaines de milliards d’euros pour soutenir l’économie. Et la Banque centrale européenne a tout fait pour que les taux d’intérêt soient le plus bas possible.

Toutes les entreprises ont profité de ces dispositifs, mais leurs résultats ont plongé quand même. Et de beaucoup : -55% pour le CAC 40. On s’attendait donc à ce que les dividendes suivent le même chemin. 

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Eh bien c’est exactement l’inverse qui se produit : ils sont en hausse. Et très nettement. L’Observatoire des Multinationales parle de 51 milliards d’euros sur le point d’être distribués aux actionnaires. 

C’est beaucoup plus que l’an dernier ? 

22% de plus. Il faut reconnaître que l’an dernier à la même période, on était tellement dans le brouillard et dans le chômage partiel que beaucoup de grands groupes avaient réduit voire supprimé leurs dividendes. Cette année, c’est encore ce que font les banques, à qui les autorités n’ont pas laissé le choix,  ou quelques sociétés comme Accor, Renault ou Air France, en forte perte. 

Mais la plupart des autres vont rémunérer leurs actionnaires comme en 2019, une année record. 

Certaines ont même décidé de racheter des actions, ce qui fait monter le cours de Bourse. C’est comme si elles versaient un super dividende. 

Le plus étonnant, c’est que les entreprises du CAC versent plus de dividendes qu’elles ne font de profit : 51 milliards d’euros de dividendes contre 37 milliards de bénéfice. 

Comment c’est possible ? Une entreprise peut distribuer plus que ce qu’elle gagne ? 

Une PME, non, mais une entreprise du CAC 40, oui. Prenez l’exemple de Total: l’an dernier, il a affiché une perte de 7,6 milliards, mais il verse un dividende de 7,2 milliards. Engie fait pareil. 

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Ces sociétés puisent dans leur trésorerie ou empruntent à 0% pour payer leurs actionnaires. C’est là qu’on voit combien le système est déréglé. La BCE maintient les taux à zéro pour encourager les entreprises à investir et muscler le tissu industriel européen. Mais elles n’en font rien. 

Car elles n’ont pas assez de projets d’investissement. Et c’est triste. Prenez Sanofi. Si le groupe avait trouvé un vaccin contre le Covid il aurait peut-être construit une nouvelle usine. Au lieu de cela, il rend 4,8 milliards à ces actionnaires. Pareil pour PSA-Fiat… On peut en citer d’autres. Ce choix du dividende plutôt que de l’investissement est donc plus qu’inquiétant pour notre économie. 

L’étude sur les dividendes est à retrouver sur le site Multinationales.org

Références

L'équipe

Sophie Fay
Production