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Résumé

Sortez votre calculette et faites les additions : vous constaterez par vous-même que la gauche est devenue minoritaire en France. Lourdement minoritaire même, puisque le cumul des scores des candidats de gauche au premier tour de la présidentielle n’atteindrait que poussivement 30% d’intentions de votes…

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Et encore ! 30% en additionnant des voix d’un candidat socialiste avec, par exemple, les voix d’une gauche révolutionnaire et ouvriériste, ce qui ne va pas forcément de soi…

30% c’est peu, trop peu sans doute, pour espérer sereinement remporter une élection à deux tours sans alliances et sans réserve de voix. Alors quand la gauche s’interroge sur le fait de partir unie ou divisée à la présidentielle, cela revient aujourd'hui à se demander si elle doit se préparer à faire endosser la défaite à un seul bouc émissaire, ou à plusieurs… 

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Les sondages ne sont pas l’élection mais ils indiquent tout de même le sens du vent… qui souffle vers la droite. 

La demande de social est forte, mais l’opinion ne se reconnait manifestement plus dans la gauche. Ce constat est étayé par des études menées depuis plusieurs années notamment par l’Ifop qui montrent que le corps électoral ne s’est jamais autant déclaré à droite qu’aujourd’hui. Si rien ne change d’ici à l’année prochaine, l’élection présidentielle pourrait bien se jouer entre 50 nuances de droites : droite dure, droite molle, droite souverainiste, droite populiste, droite identitaire, droite sociale, droite libérale ou pourquoi pas droite complotiste... il pourrait y en avoir pour tous les goûts... à condition que ce soit de la droite !

Ce phénomène n’a pas échappé à Emmanuel Macron qui a bien compris - certains diront même accompagné - ce glissement de l’opinion…

La campagne électorale est encore loin, mais on voit se dessiner les premiers pas de danse vers la droite que le Président entend séduire grâce à des thèmes-totem comme la sécurité, la lutte contre les drogues ou contre le séparatisme. 

C’est maintenant que l’on comprend le sens du « et de gauche et de droite» d’Emmanuel Macron : après avoir siphonné l’électorat de gauche, il va tenter cette fois de siphonner l’électorat de droite... S’il réussissait ce tour de bonneteau électoral, ce serait la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un Président français parvient à changer sa base politique en cinq ans. Le braquage électoral n'est pas terminé...

Références

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