Emmanuel Macron en décembre 2020 à la Convention citoyenne pour le climat ©AFP - Thibault Camus / POOL
Emmanuel Macron en décembre 2020 à la Convention citoyenne pour le climat ©AFP - Thibault Camus / POOL
Emmanuel Macron en décembre 2020 à la Convention citoyenne pour le climat ©AFP - Thibault Camus / POOL
Publicité
Résumé

Emmanuel Macron veut inscrire le climat dans l’article 1 de la Constitution. La Une du JDD, hier, était sans appel : « Écologie, Macron enterre le référendum ». Le référendum en question, c’est celui qui avait été annoncé par le président lorsqu’il a rencontré la Convention climat, en décembre dernier.

En savoir plus

Cette consultation, elle devait permettre aux Français de se prononcer sur la pertinence d’inscrire, ou non, la « garantie de la préservation de l’environnement » à l’article premier de la Constitution.

Ce projet, qui a déjà été validé par l’Assemblée nationale, il doit désormais passer devant le Sénat… Où il y a fort à parier que la majorité de droite cherchera à infliger un camouflet à l’exécutif, et que donc elle n’adoptera pas le texte dans les mêmes termes que les collègues du Palais Bourbon. Cela signerait alors la fin de cette révision morte-née de la Constitution.

Publicité

Ce sont en fait les sénateurs qui l’enterrent, pas Macron ?

Et d’ailleurs, l’Élysée a immédiatement démenti, hier, les informations de l’hebdomadaire dominical. En affirmant que la question écologique restait l’une des priorités absolues d’Emmanuel Macron, et qu’il n’était pas question de renoncer à ce qu’elle figure dans la Constitution. Sauf qu’autour du chef de l’État, tout le monde semble avoir intégré l’idée que ce référendum ne verrait jamais le jour.

Le seul enjeu, maintenant, c’est de trouver un bouc-émissaire à qui faire porter le chapeau de cet échec. Parce qu’après avoir déjà été contraint de renoncer à sa révision constitutionnelle en 2018 - souvenez-vous, celle qui prévoyait la réduction du nombre de parlementaires et l’instauration d’une dose de proportionnelle aux législatives -, Emmanuel Macron ne veut pas assumer seul un nouveau raté en matière de réforme du texte fondateur.

Pourquoi s’accroche-t-il tant à l’idée de toucher à la Constitution ?

Vous savez que depuis son élection, Emmanuel Macron a une seule obsession : ne rien faire comme François Hollande. Or s’il échoue à toucher à la Constitution, même avec un changement sémantique et cosmétique, et bien le président rejoindra son prédécesseur socialiste, qui est le seul à ne pas avoir été en capacité de modifier la Constitution sous la Ve République. 

Avant eux, chaque chef de l’État a apporté sa touche au texte du Général de Gaulle - 24 révisions au total. Parfois pour des modifications à la marge, parfois pour des changements plus structurels - comme l’instauration du quinquennat. Mais avec toujours le même résultat : laisser une trace de son passage à l’Élysée.

Références

L'équipe

Arthur Berdah
Production