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Résumé

On dit souvent que le parlement a peu de poids dans la Vème république. Ce n’est pas tout à fait exact…

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Dans huit jours, les députés de la France insoumise vont avoir ce qu’on appelle une « niche parlementaire ». C’est-à-dire qu’ils vont pouvoir soumettre leurs propositions de loi. Ils seront maîtres des débats. 

Pendant quatre heures, Jean-Luc Mélenchon va plaider pour étendre le RSA aux moins de 25 ans. Il va aussi défendre un nouveau système de parrainages pour la présidentielle. L’idée, c’est que celui qui réunit 150 000 signatures de citoyens pourra se présenter à l’élection suprême.

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Ces textes seront ensuite soumis au vote des députés. Comme n’importe quelle loi. Pour la France insoumise, c’est une vitrine, l’occasion de montrer à quoi ressemblerait son action, si elle était aux manettes…

Ces textes ont-ils une chance d’être adoptés ?

A priori non. Mais cela arrive. Et de plus en plus souvent. Le député communiste André Chassaigne s’est battu pour revaloriser les pensions agricoles. Et il a trouvé une majorité !

Dans un autre genre, un député indépendant, Paul Molac, a obtenu que dans certaines écoles on puisse donner l’essentiel des cours, et non pas une petite partie, dans une langue régionale, breton, basque, etc. Un vrai changement.

Un autre député, Olivier Falorni, a ouvert, lui, le débat ultra-sensible de la fin de vie. Il été soutenu sur tous les bancs. Il aurait pu aller jusqu’au bout. Mais il a été freiné par l’obstruction parlementaire d’une poignée d’élus LR. 

Notons que la majorité a aussi ses fenêtres de tir. Elle s’en est servie pour le bien-être animal en votant la fin des delphinariums. 

Comment réagit le gouvernement à ces initiatives ?

Pas toujours bien. L’exécutif aime avoir la main sur les réformes. Alors, quand arrive un débat sur l’euthanasie, il tique. Sur les langues régionales, Jean-Michel Blanquer était furibard. 

Ces niches parlementaires sont nées de la réforme constitutionnelle de Nicolas Sarkozy. Elles offrent un contre-pouvoir. Un espace pour interpeller l’opinion publique, contraindre le gouvernement à revoir sa copie. 

Au Sénat, la droite veut en ce moment instaurer le principe d’un droit de visite permanent dans les Ehpad. Pour éviter que les malades meurent seuls, sans leur famille… Détail qui a son importance : pour disposer d’une niche, il faut avoir un groupe parlementaire. Ce que n’a pas le rassemblement national. Un règlement qui prive Marine le Pen d’un puissant levier.

Références

L'équipe

Marcelo Wesfreid
Production