Sébastien Lecornu à la Guadeloupe le 29 novembre 2021
Sébastien Lecornu à la Guadeloupe le 29 novembre 2021
Sébastien Lecornu à la Guadeloupe le 29 novembre 2021 ©AFP - Christophe ARCHAMBAUL
Sébastien Lecornu à la Guadeloupe le 29 novembre 2021 ©AFP - Christophe ARCHAMBAUL
Sébastien Lecornu à la Guadeloupe le 29 novembre 2021 ©AFP - Christophe ARCHAMBAUL
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Résumé

Aux Antilles, la situation semble se calmer après le discours de fermeté du gouvernement. Le Ministre des Outre-Mer Sébastien Lecornu, auquel on avait reproché son départ trop tardif pour la Guadeloupe puis la Martinique, ne s’est pas éternisé. Par Hubert Coudurier.

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Il est rentré dans la nuit de mardi à mercredi, après deux petits jours sur place à l’abri de la gendarmerie. Face à la situation insurrectionnelle, le ministre a tenté de désamorcer cette violence qui a tout de même blessé une vingtaine de policiers à l’arme à feu. Reprendre le contrôle de ces départements ultra-marins était une priorité en cette période de campagne présidentielle où l’autorité de l’État a été malmenée, surtout à l’approche du referendum le 12 décembre en Nouvelle-Calédonie. 

Un millier de militaires ont donc été déversés sur Pointe-à-Pitre et Fort-de-France avec des véhicules de l’avant blindés pour conforter les policiers locaux totalement débordés. Une centaine d’interpellations ont eu lieu, avec l’aide du GIGN, à la suite de flagrants délits contre des tireurs embusqués dont beaucoup ont fui pour se réfugier dans les mangroves tropicales. Le démantèlement des barrages a été laborieux, de nouveaux renforts sont attendus et l’économie antillaise est à l’arrêt.

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D’autant que la 5ème vague de Covid devrait condamner la saison touristique. 

Par ailleurs, le ministre des DOM-TOM a évoqué une perspective d’autonomie qui a fait réagir tant sur place qu’en métropole

En métropole, les élus républicains qui n’ont pas voulu jeter trop d’huile sur le feu, ont néanmoins dénoncé cette fuite en avant. Car derrière la proposition d’autonomie, chacun aura vu une menace voilée d’indépendance dont personne ne veut sur ces îles. 

A commencer par les milieux entrepreneuriaux qui vivent d’une économie de rente et se contenteraient de quelques mesures de décentralisation. Mais pas question d’être « lâchés » par la métropole, car ils auraient tout à perdre dans un face à face avec les indépendantistes. Lesquels ne méconnaissent pas la réalité sociale misérable des îles avoisinantes mais s’estiment négligés.

On est loin de l’égalité sociale promise sous François Mitterrand dans ces territoires où 30 % de la jeunesse est au chômage. Au-delà du déclencheur qu’a constitué l’obligation vaccinale pour les soignants et sur laquelle le gouvernement a reculé pour mieux sauter, c’est le désœuvrement des jeunes qui favorise le trafic de drogue et la violence. 

Sébastien Lecornu s’est donc heurté à un dialogue de sourds parce qu’il n’y a pas de solution évidente dans ces territoires où faute de développement économique, l’assistanat a montré ses limites. Raison de plus, selon le gouvernement, pour placer les élus locaux face à leurs responsabilités.   

Références