Un second souffle pour le Sénat ? ©Getty - Robert DEYRAIL
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Résumé

On ne parle que de l'Assemblée nationale depuis dimanche... Mais le Sénat pourrait-il trouver un second souffle dans la « nouvelle méthode » que veut bâtir Emmanuel Macron pour éviter un blocage du pays ?

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Le désastre des législatives pour Emmanuel Macron peut devenir du pain béni pour le Sénat et son président Gérard Larcher

La Chambre Haute, ostracisée pendant cinq ans, jugée redondante, coûteuse et inutile, peut devenir l’intermédiaire nécessaire qui sortirait l’Assemblée nationale de sa paralysie.
Car rien ne dit que les députés, qui ont refusé de former une coalition avec la majorité d’Emmanuel Macron, accepteront de se plier à l’exercice de « clarification » réclamé hier soir par le chef de l’État. Olivier Marleix, le président du groupe pivot des députés LR, a déjà rejeté le « dépassement politique » proposé par Emmanuel Macron. Pourtant, LR ne voudra pas endosser la responsabilité d’un blocage sur le texte Pouvoir d’achat ou sur la retraite à 65 ans. Après dix ans d’opposition, c’est sa crédibilité de parti de gouvernement qui est en jeu.

Quelle serait la voie de passage ?

« C'est peut-être au Sénat que se trouve la solution » aurait déclaré Emmanuel Macron, selon des propos rapportés hier par Le Canard enchaîné.

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Car si on regarde bien, il y a une chambre de droite, le Sénat, et une chambre qui dépend des voix de la droite, l’Assemblée nationale. Le calcul serait de renforcer la coordination des 61 députés LR avec la majorité sénatoriale LR-UDI.
Imaginons un projet de loi Retraites voté à l’Assemblée sans les LR car ils ne veulent pas être les supplétifs du gouvernement. Le texte passe au Sénat qui l’amende avant de le renvoyer aux députés. Quand l’Assemblée disposait d’une majorité absolue LREM, les députés revenaient au texte d’origine pour la deuxième lecture. Mais aujourd’hui, les députés LR pourront dire au gouvernement qu’ils sont prêts à trouver des compromis Si c’est la version élaborée au Sénat qui est discutée.
Résultat : la droite ne voterait pas les textes de M. Macron, mais ce sont plutôt les députés de M. Macron qui voteraient les textes de M. Larcher.

Par ricochet, le président du Sénat reviendrait alors au centre du jeu politique

C’est même déjà le cas. Dans l’entre-deux tours, Emmanuel Macron a pris les devants en invitant le président du Sénat à l’Élysée. Le chef de l’État a proposé à Gérard Larcher une nouvelle façon de travailler qui tournerait la page d’un premier quinquennat où le Sénat a été contourné. Et Gérard Larcher n’a pas fermé la porte, acceptant de travailler texte par texte dans l’intérêt du pays.
Alors, la méthode esquissée hier par le président pour atteindre une majorité plus large à l’Assemblée suffira-t-elle ? Ou bien faudra-t-il en passer par l’intermédiaire du Sénat ? On le saura début juillet avec le premier projet de loi, sur le pouvoir d’achat.