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Christophe Castaner, le président des députés marcheurs à l’Assemblée, a rappelé ses troupes à l’ordre. Il est excédé par leur absentéisme et ça a failli coûter cher à la majorité. Le projet de loi de vigilance sanitaire a été voté in extremis.

Connaissez-vous le coup du rideau ? Il y a des règles tacites à l’Assemblée. En général, seuls sont en séance ceux qui ont étudié le texte en commission. En l’occurrence, l’opposition a donc tenté de faire le coup du rideau. Face aux 90 députés du groupe majoritaire qui étaient de permanence, une centaine d’opposants a débarqué subrepticement pour le vote. Comme s'ils étaient cachés derrière un rideau !

C’est un petit jeu à somme nulle, car si le gouvernement avait été mis en minorité, un deuxième vote aurait eu lieu pour montrer qu’il est bien majoritaire à l’Assemblée. 

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Mais alors que l’article 2 de ce projet de loi prévoit une extension du pass sanitaire jusqu’au 31 juillet prochain, les opposants à ce projet, qu’ils jugent liberticide, en ont profité pour faire un coup médiatique. Or, au même moment, le numéro un des marcheurs Stanislas Guérini se concentre sur les levées de fonds, et le parti majoritaire vient d’inaugurer son nouveau siège comportant un QG de campagne dans le 8ème arrondissement parisien. Christophe Castaner a donc voulu rappeler à ses troupes qu’elles devaient rester mobilisées jusqu’à la fin de la session le 28 février prochain. Pas question dans cette dernière ligne droite de laisser les marcheurs devenir des frondeurs comme du temps de François Hollande !
 

Ce risque de fronde est réel en cette période de pré-campagne présidentielle ? 

Non, car les députés LREM sont dans l’ensemble inquiets de leur réélection dont ils savent que seule celle du Président peut la garantir. Toutefois, il y a ceux qui, tétanisés par cette échéance, labourent déjà leur circonscription. Et ceux qui n’y croient plus et ne se représenteront pas. 

Par ailleurs, le groupe majoritaire s’est rétréci. Il a désormais besoin de l’appoint du Modem pour obtenir la majorité. 

Enfin, le Président de la République est en campagne, mais il ne se déclarera probablement pas avant le mois de mars et il traite assez peu ces députés mal enracinés et souvent livrés à eux-mêmes. D’autant que les rivalités s’aiguisent pour diriger la campagne qu’Emmanuel Macron répugne à structurer en déléguant les responsabilités. 

En évoquant un risque collectif pour le groupe, en menaçant de demander des listes nominatives des présents et des absents, Christophe Castaner se comporte en surveillant général à l’approche du bac. Pas question de relâcher l’effort dans la dernière ligne droite. Il n’est jamais facile de diriger un parti de près de 300 députés qui ne veulent pas être des godillots et laissent transparaître leurs états d’âme…

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