Fabien Roussel, l’iconoclaste qui parie sur la triangulation pour tenter de ressusciter le Parti communiste

Fabien Roussel à la Fête de L'Humanité le 10 septembre 2022
Fabien Roussel à la Fête de L'Humanité le 10 septembre 2022 ©AFP - Magali Cohen / Hans Lucas
Fabien Roussel à la Fête de L'Humanité le 10 septembre 2022 ©AFP - Magali Cohen / Hans Lucas
Fabien Roussel à la Fête de L'Humanité le 10 septembre 2022 ©AFP - Magali Cohen / Hans Lucas
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Un candidat pro-nucléaire, pro-chasse, anti-communautarisme, et anti-antispécistes : qui est-ce ?

Vous ne devineriez jamais que je parle du patron du Parti communiste !

Et pourtant, depuis la dernière campagne présidentielle, le PCF a complètement et radicalement changé de discours. Cette mue a en réalité débuté aux européennes de 2019, lorsque le jeune quadra Ian Brossat a modernisé l’image vieillissante du marteau et de la faucille. Mais elle s’est poursuivie encore ce week-end, quand Fabien Roussel a profité de la Fête de l’Huma pour faire du gros rouge qui tâche - un comble, pour un communiste - en se posant comme le héraut de la gauche du travail, par opposition, a-t-il dit, à la gauche des allocs…

Ca n’a pas vraiment plu à tous ses camarades

Histoires politiques
2 min

Les noms d’oiseaux ont fusé durant tout le week-end, notamment chez les Insoumis et les socialistes, qui ont été les plus virulents sur les réseaux sociaux. On a accusé Fabien Roussel de se mettre dans la roue de la droite capitaliste et ultralibérale ; on lui a reproché de faire pire que Laurent Wauquiez - qui s’en était pris en son temps à « l’assistanat »… Et on lui a surtout demandé ce qu’il cherchait réellement. Parce qu’avec avec la multiplication de ses sorties iconoclastes, le patron du Parti communiste donne presque le sentiment de vouloir créer une dissidence interne à la Nupes, voire carrément une force concurrente à cette bannière commune… Qu’il a pourtant décidé de rejoindre au printemps dernier, en vue des législatives, et des scrutins à venir.

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Que répond-il ?

Il feint de regretter des caricatures, il fait semblant de s’étonner que l’on n’accepte pas la nuance… Tout en sachant pertinemment que cette stratégie - la sienne - est en réalité une manière pour lui de peser dans le débat public. Avec un certain succès, hein, puisqu’il a fait mieux que le PS à la dernière présidentielle, ce qui n’était pas arrivé au PCF depuis 1969.
En clair, il a redonné ces derniers mois un visage et une voix à camp qui n’en avait plus. En attendant, peut-être, de provoquer un jour un vaste aggiornamento à gauche. Et pour cause, il est toujours plus facile de rebâtir sur des ruines