Cérémonie de passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne
Cérémonie de passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne
Cérémonie de passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne ©Maxppp - Cedric Bufkens
Cérémonie de passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne ©Maxppp - Cedric Bufkens
Cérémonie de passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne ©Maxppp - Cedric Bufkens
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Résumé

La parole du nouveau gouvernement est déjà contrainte. Les ministres n’ont pas le droit de profiter d’une expression dans un cadre officiel pour mettre en avant telle ou telle mesure de l’exécutif qui pourrait profiter aux candidats macronistes dans trois semaines. 

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A peine sont-ils arrivés que les voilà aussitôt astreints au silence ! Car c’est ce matin que s’ouvre la période de réserve liée aux élections législatives des 12 et 19 juin prochains. Autrement dit, les ministres n’ont pas le droit de profiter d’une expression dans un cadre officiel pour mettre en avant telle ou telle mesure de l’exécutif qui pourrait profiter aux candidats macronistes dans trois semaines.

L’interview d’Élisabeth Borne au JDD hier en est un bon exemple, hein, puisqu’elle y défend le projet de réforme des retraites d’Emmanuel Macron en l’opposant, je cite, aux « mensonges » de Marine Le Pen et de la « NUPES », qui promettent de tout « raser gratis », en ramenant l’âge l’égal à 60 ans. Une attaque en règle, lancée depuis Matignon. Or ça, c’est précisément le genre de sorties qui vont être encadrées désormais.

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Tous ne maîtrisent pas parfaitement les conditions, comme le reconnaissaient hors micro plusieurs conseillers hier.

L’idée, c’est que les ministres peuvent dire ce qu’ils veulent, mais pas d’où ils veulent. Autrement dit, un pupitre officiel, c'est non. Mais un déplacement de campagne, c'est oui. La première qui y sera confrontée, c’est Olivia Grégoire, la toute nouvelle porte-parole du gouvernement.

La secrétaire d’État fraîchement nommée étrennera ses nouveaux habits tout à l’heure, à l’issue du premier Conseil des ministres, puisqu’elle animera le traditionnel compte-rendu… Et devra ensuite répondre aux questions des journalistes. Un exercice toujours à haut risque, où chaque mot doit déjà être parfaitement calibré… Et ce à plus forte raison, donc, en période de réserve électorale. Bref, elle n’a pas le droit à l’erreur, et elle est loin d’être la seule.

Sur les 28 membres que compte le nouveau gouvernement, plus de la moitié ont été mis sous pression par l’Élysée ce week-end

Parce qu’Emmanuel Macron a décidé de maintenir la consigne déjà édictée il y a cinq ans, et héritée de Nicolas Sarkozy en 2007 : tous ceux qui seront battus aux législatives devront démissionner.

Cela en concerne 15 au total, dont la plupart briguent leur réélection, ou se représentent dans des fiefs qu’ils ont déjà remportés par le passé… Mais deux ministres sont candidats pour la première fois, à commencer par la première d’entre eux, Élisabeth Borne, qui se lance dans le Calvados. Et aucune exception à la règle n’est prévue. Pas même pour elle… Pression maximale donc, d’autant que le président a d’ores et déjà fait savoir que des ajustements auront lieu d’ici à l’été.

Références

L'équipe

Arthur Berdah
Chronique