Elisabeth Borne le 3 octobre 2022
Elisabeth Borne le 3 octobre 2022 ©Maxppp - Vincent Isore
Elisabeth Borne le 3 octobre 2022 ©Maxppp - Vincent Isore
Elisabeth Borne le 3 octobre 2022 ©Maxppp - Vincent Isore
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Avec cette réforme des retraites, va-t-on revivre la même séquence qu’en 2020, lorsqu'Emmanuel Macron avait déjà tenté une première réforme, quelques mois après la fin de la crise des Gilets jaunes ?

Il s'agissait de réformer le système dans son ensemble en instaurant une retraite par points.
A l’époque, le premier ministre en poste s’appelait Edouard Philippe et il n’était pas très chaud, lui défendait plutôt quelque chose de plus classique, des mesures d’âge.
Il était raide, très raide : il avait tenté d’imposer un âge d’équilibre à 64 ans, ce qui avait considérablement tendu les débats.

On connait la suite :

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  • 45 jours de grève dans les transports, un record,
  • des milliers d’amendements déposés par la France insoumise,
  • puis un 49.3 au début du covid,
  • tout s'est arrêté avec le premier confinement
  • la réforme s'est envolée dans les limbes de la politique.

Et cette fois-ci, comment cela peut-il se passer ?

Matignon abrite désormais une ancienne PDG de la Ratp, ministre des Transports au moment de la réforme de la SNCF, ministre du Travail pendant le Covid...
Il est sûr qu’Elisabeth Borne part avec un meilleur sac à dos social et politique que le juppéiste Philippe.
C’était d’ailleurs écrit sur la fiche de poste après la réélection d’Emmanuel Macron. Un ancien premier ministre de Jacques Chirac m’avait alors confié : cela ne peut être qu’elle, Macron n’a pas le choix, elle sait parler avec les syndicalistes.

Mercredi dernier, à l’Elysée, les participants au diner organisé par Emmanuel Macron ont expliqué qu’on n’avait pas trop entendu la première ministre qui parlait tout bas.
En revanche, c’est bien elle qui a placé les limites du débat.
C’est elle par exemple qui a dit à l’Agence France presse que la réforme des retraites dont la concertation commence demain avec les syndicats, serait votée avant la fin de l’hiver, histoire de laisser le plus de temps possible à la discussion.

Mais ça va changer quelque chose ?

Le paradoxe, c’est que la méthode d’Elisabeth Borne est sans doute moins brutale que celle d’Edouard Philippe. Mais la réforme des retraites qu’elle porte, avec recul de l’âge légal à 64 ou 65 ans, l’est symboliquement beaucoup plus que la réforme de retraites à points. A voir si la première ministre devra elle aussi passer par un 49.3 à l’Assemblée.
Pour les nostalgiques d’Edouard Philippe, il n’est pas utile de rappeler qu’il y a quasiment un an jour pour jour, celui-ci avait évoqué un âge de départ à la retraite à 67 ans.